Depuis la création, au sein du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), du nouveau département de la récupération des antiquités sorties illégalement du pays, on entend chaque jour parler d’actions pour mettre un terme au trafic et aux ventes de pièces égyptiennes dans différents pays : Suisse, Grande-Bretagne, Etats-Unis et autres. Aujourd’hui, c’est au tour du Canada avec ceci d’original : le trafic se déroulait à travers un site Internet. Les responsables de la salle des enchères de Medousa, pour faire le plus de ventes possibles, ont publié sur un site Internet la liste de toutes les pièces à vendre, ne sachant pas que le CSA était là à tout surveiller. å La vente de ces pièces, qui était prévue en décembre 2005, a été arrêtée suite à une demande officielle égyptienne ò, a indiqué Farouk Hosni, ministre de la Culture. La plupart des pièces mises en vente remontent aux époques tardives. Ce sont surtout des fragments de pièces, des statuettes, des scarabées et autres. å La majorité de ces pièces sont petites, de taille facile à transporter. Aujourd’hui, après les mesures de sécurité prises aux frontières égyptiennes, il est devenu très difficile de déplacer les antiquités de grande taille ò, souligne Ibrahim Abdel-Méguid, directeur du département des antiquités récupérées auprès du CSA. Ce dernier a imprimé le catalogues des enchères et l’a distribué aux responsables des sites archéologiques qui ont déjà annoncé la perte de pièces pour tenter de les identifier. Une mesure de sécurité en plus est de suivre de près les sites web des grandes salles des enchères connues pour leur vente de pièces égyptiennes.
å Les spécialistes suivent tous les jours les sites de quarante-trois grandes salles de vente. Une fois des pièces découvertes, notre travail commence ò, souligne Zahi Hawas, secrétaire général du CSA. å On a distribué les photocopies des images trouvées sur le Net sur les musées, les sites archéologiques, la police du tourisme et des antiquités. Et c’était la surprise ò, reprend Abdel-Méguid. Deux institutions ont annoncé que des objets leur appartenaient. La première est la faculté de littérature de l’Université du Caire qui opère sur un site archéologique à Maadi et qui avait annoncé la perte de près de 300 pièces de ses entrepôts. Alors que la seconde institution, la police, continue à faire des investigations sur plusieurs grands procès d’antiquités et qui a un grand doute que quelques-unes des pièces exposées à Medousa soient de la collection de Farouq et Mohamad Al-Chaër, les accusés dans le grand procès des antiquités. å La police assure également que quelques pièces semblent appartenir au collectionneur Zaki Mohareb, qui possédait une grande quantité de pièces quand la loi le permettait ò, indique Ibrahim Abdel-Méguid.
Suite aux soupçons nourris par la police, le CSA a demandé au procureur général d’informer les autorités canadiennes pour arrêter la vente des pièces et de les retenir en attendant de les récupérer. Ainsi, un comité archéologique égyptien se rendra prochainement au Canada pour examiner les pièces concernées pour les récupérer.
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