Je ne rentrerais pas dans les subtilités pharaoniques, puisque par exemple le signe chen renferme le nom ren...Ce sont des jeux métaphysiques, et je ne parlerais donc que du nom ren, et de son pendant le "Moi" nek ou inek.
Le nom est la signature d’un cycle, ce que représente le signe Ren, une boucle formée sur la corde infinie de l’âme : la boucle définit ou délimite une existence (ou incarnation) sous ce nom ren qui est son destin actuel. (c’est le sens de la corde qui délimite le cartouche).
A son décès, le défunt passe l’épreuve de la pesée du coeur. Son Moi (inek), porteur du nom Ren assiste impuissant à la pesée de l’âme. Le Nom est alors le Verbe apparent de la personnalité humaine terrestre : il devait être l’expression de son Ka et de sa nature, s’il a été correctement attribué (d’où l’importance du nom Ren en Egypte). Il est en quelque sorte la formule magique qui conserve son image dans la mémoire des hommes. C’est pour schématiser, le vêtement du Moi-inek : c’est pour celà que lorsque ce Moi-inek égoïste s’efface devant l’homme devenu conscient de son but altruiste, son nom Ren est modifié pour le mettre en harmonie avec son être ou sa fonction véritable (Cf les noms de Pharaon).
Les textes de l’après-vie, parlent du "Moi" qui subsiste après la mort de l’homme, par une formule du sytle :
"celui-là qui doit retourner vers son Ka, qui doit garder son coeur (ib), qui ne doit pas perdre son Ba, et ne pas perdre son nom sur terre"
Ce "celui-là" auquel appartiennent les éléments de la personne, est désigné par son nom, Ren. La naissance terrestre associe les divers éléments en un être, la mort vient les dissocier. L’existence accomplie entre la naissance et la mort est la boucle formée sur la corde de son destin : les "déterminantes" de cette boucle sont celles de son Ren (nom).
La mort ne coupe pas la corde : elle continue à se dérouler dans la Douat, préparant la prochaine boucle, jusqu’à la dissolution finale de cette corde (les incarnations successives).
Cette corde s’appelle "nouh" qui est dérivé du principe d’existence terrestre "oun" et de ce qui la délimite "nou".
Le Moi-inek est donc la volonté d’existence personnelle, qui est déterminée par l’incarnation de l’être spirituel, s’appropriant les tendances et appétits de son Ka. Ce n’est pas le corps, et ce n’est pas non plus un de ses éléments spirituels : c’est la volonté d’existence du Moi-inek qui tend à rapporter à lui tous les éléments vitaux qui le composent. C’est en quelque sorte la force de cohésion de la corde Ren qui subistera d’autant plus que l’égo-centrisme du nek empêchera la libération de l’âme. La corde Ren peut former des boucles, changer de direction, changer de nom, etc... elle reste la force conductrice qui reliera une existence à une autre (suivante) à condition que le nom de la précédente existence ne soit pas effacé avant la nouvelle existence (incarnation), ce qui romprait la corde et briserait ainsi le destin terrestre.
On comprend mieux le sens de l’effacement du nom dans les monuments, qui est un geste très fort. Un homme peut changer de nom pendant sa vie terrestre. Ce nouveau nom adopté sciemment, continue alors la corde en en modifiant son rythme, et donc ses rapports harmoniques avec le monde.
Pour être complet, la force nek est une force aveugle, qui fait partie des sept "Puissances Fatales".
L´Egypte Ancienne de Toutankharton - Contenu sous Licence Creative Commons BY-NC-SA - Valide HTML 4.01 et CSS 2 - Design, maintenance :Thomas Joulin
A propos du site - Contacter l´auteur - Politique d´accessibilité - Plan du site - Haut de page
Partenaires : Egypte Antique Photos d'Egypte Fondation Artistique Paris Art Contemporain Photographie