Pharaon

Pharaon est, tout comme les Dieux, au coeur de la vie égyptienne. Constructions de monuments, jugements, organisation sociale, il était responsable de tout, même si il deleguait chaque tache...

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Montouhotep 1er

Personne en Egypte ne doutait que le pharaon fût le fils du roi des dieux. Comment d’ailleurs un homme comme les autres aurait il pu assurer chaque année la crue du Nil et chaque jour la course du soleil ? Le pharaon était, lui aussi, intimement persuadé de son ascendance divine. Parfois, pour mieux s’en convaincre, il faisait représenter dans le secret d’un temple la scène au cours de laquelle Amon-Rê, pour l’engendrer, avait pris les traits du roi régnant et s’était uni à sa mère. La naissance d’un nouveau pharaon était une affaire qui mobilisait tous les dieux du ciel. Amon, avant d’en décider, s’en entretenait avec Thot, le dieu de la sagesse et des écritures. Puis il donnait la nouvelle à sa cour. Enfin, il chargeait Khnoum, le dieu potier, de modeler sur son tour divin le corps et l’âme de l’enfant qui venait d’être conçus. Le temps révolu, Khnoum et Thot conduisaient la reine vers les lieux de l’accouchement où trois déesses - Isis, Nephtis et Meskhénet - venaient la secourir. Heget, la déesse grenouille tendait au nez du nouveau-né la croix de vie pour lui communiquer une force divine, et Khnoum se penchait au dessus de lui pour lui donner la santé du corps. Amon reconnaissait alors son fils et les dieux le baptisaient. Anubis et Thot roulaient devant lui le disque lunaire, symbole de l’éternel rajeunissement du monde, et les sept vaches célestes - les sept Hators - en le nourrissant de leur lait, contribuaient à leur tour à le diviniser.

Le futur pharaon grandissait ensuite auprès de ses parents terrestres comme un fils de roi jusqu’au jour où Amon jugeait le temps venu de son intronisation. C’est alors seulement qu’apparaissait aux yeux de tous, aux yeux du peuple, sa nature divine.

Le couronnement

Les rites du couronnement se perdent un peu dans la nuit des temps. Mais ce que l’on devine est fabuleux. Il s’agissait d’un mystère sacré qui se déroulait en une suite de scènes où les princes, les notables et les prêtres tenaient le rôle de dieux. Les cérémonies commençaient à l’aube. Le pharaon sur son trône recevait, selon des rites oubliés, les attributs royaux qui affirmaient sa divinité : une queue d’animal qu’il portait dans le dos de sa ceinture , une barbe postiche en forme de losange allongé attaché à son menton soigneusement rasé car tout poil était réputé impur ; un sceptre à tête magique et enfin les couronnes. Elles étaient imposées sur son crâne, rasé de près lui aussi par le grand prêtre. Deux d’entre elles avaient une importance particulière. Elles étaient considérées comme des déesses tutélaires, et le public chantait des hymnes. La première, celle de la haute Egypte, était constituée par une haute mitre de laine blanche terminée par un renflement. La seconde, celle des divinités de la basse Egypte, formait un large bandeau circulaire rouge muni dans sa partie arrière d’un manche assez élevé et, à l’avant, d’un fil recourbé et rigide. A la fin de la cérémonie, le pharaon coiffait le Pschent qui combinait l’une et l’autre et assurait sa domination sur « le double pays », c’est à dire la vallée et le delta. Le grand prêtre posait alors au milieu de son front un Uraéus, cette tête de cobra dressée sur sa gorge gonflée qui personnifiait « l’œil brûlant » du soleil - de Rê -, la flamme qui dévore les rebelles. Enfin, Horus et Thot liaient sur le trône où il était assis les deux plantes symboliques du Nord et du Sud : le lotus et le papyrus. Les deux parties du royaume étaient ainsi réunies sous ses pieds Il fallait encore, pour que commence son règne, que le pharaon reçoive son protocole, c’est-à-dire l’ensemble des cinq noms qui allait consacrer sa royauté terrestre. Le nom possédait aux yeux des égyptiens une puissance particulière. Il ne servait pas simplement à distinguer un être d’un autre. Il était vivant. Il façonnait la personnalité de celui qui le portait. Les noms des pharaons étaient donc doués d’un pouvoir surnaturel et ils étaient établis par le dieu Thot lui-même et transcrit sur l’arbre sacré.

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Cartouche de Ramses 2

Le premier l’identifiait à Horus, le dieu des espaces célestes, le premier roi de l’Egypte. Il était gravé dans l’image d’un palais au-dessus duquel était perché un faucon. Les deux suivant lui conféraient les pouvoirs des dieux du Sud et du Nord. Les deux derniers enfin le consacrait comme le roi des deux pays et comme le fils de Rê, le soleil. Ils étaient inscrits dans un lien ovale, le « cartouche », qui les protégeaient. Ce cartouche était animé lui aussi d’un pouvoir surnaturel et le détruire c’était atteindre au roi lui-même.

A la fin de la cérémonie, le pharaon faisait quatre fois le tour de la ville pour prendre possession de son domaine, puis il participait à un grand repas rituel d’offrandes. Tout au long de son règne, le pharaon entretiendra avec les dieux de rapports étroits, nécessaires à l’équilibre du monde. Ils leurs élèvera des temples, renouvellera les offrandes et perpétuera un culte que les prêtres effectueront en son nom. « Horus vivant » au fond de son palais, il sera lui même traité comme un dieu. Ceux qui l’approchait devaient se prosterner et flairer le sol. Le peuple se traînait sur la terre, lorsqu’il le voyait passer sur son char. Mais, pour être fils de dieu, le pharaon n’était pas moins aussi un homme et l’histoire de l’Egypte ne serait qu’une suite immuable de règnes semblables, si tous les pharaons s ’étaient ressemblés. Or, certains d’entre eux ne remplissaient pas toujours le rôle qui leur était dévolu tandis que d’autres, témoignaient par leur gloire, de la puissance du roi des dieux. Amon-Rê, leur père, leur manifestait par son appui et sa satisfaction. Mais quand l’un des fils laissait développer l’anarchie et que le chaos menaçait, il n’hésitait pas à le remplacer par un autre. L’Egypte allait donc dérouler entre ciel et terre des pages sombre et dramatiques, des pages dont il est souvent difficile de retrouver la trace.

Informations sur cet article
  • Auteur(s) : Thomas
  • Publication : 3 mars 2005
  • Mise à jour : 29 mai 2006
  • Profil(s) : Egyptologue

Réactions

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  • titi :

    je le trouve trés intéressant mais essayez de parler de sa vie cotidienne

    sinon c’est superb !!!!!!


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    • lili : c intéréssant mais quant on fait des exposé on ne nous demante de parler de plus de sa famille, qui il était....... plutot que de son couronnement ! mais sinon le site est super(15 SUR 20)
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      • Miss surprise : je fais un dossier sur l’Egypte dans l’antiquité , plus présicément sur les pharaons , j’ai du mal à trouver des réponses .Pouvez-vous me donner un coup de main svp .J’ai deux questions qui me reste .
        - comment devient-on Pharaon ??
        - Dater l’époque des pharaons ?? Si vous trouver les reponses , merci de me mettre des phrases coutes . Merci de me repondre au plus vite ...
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    • Alors SALUUUT ! que designe le mot sphinx dans la religion egyptienne ???
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