Les périodes egyptiennes

Moyen empire

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Le Moyen empire est une période de l’histoire antique de l’Égypte qui suit la Ire période intermédiaire et précéde la IIe période intermédiaire.

Le Moyen empire couvre une période allant des environs de 2033 à 1786 avant notre ère et est formé de quatre dynasties :

  • XIe dynastie (2106 à 1963 avant notre ère) Ce n’est que sous Montouhotep II, vers 2033 av. J.-C., lorsque le pays est réunifié, qu’on considère que la première période intermédiaire prend fin et, par voie de conséquence, que débute le Moyen Empire.
  • XIIe dynastie (1963 à 1786 avant notre ère)

C’est une période prospère. La capitale principale est souvent Thèbes (puis à Itshtaouy), d’où sont originaires les rois, dont Montouhotep II, qui réunifia le pays.

Le dieu impérial de l’époque est Montou, le faucon belliqueux adoré à Erment et à Thèbes, mais aussi Amon. La première construction thébaine à lieu sur la rive ouest de Thèbes, avec le temple funéraire de Montouhotep II qui bâtit son temple funéraire dans le cirque rocheux de Deir el-Bahari.

C’est une période ouverte sur le Moyen-Orient, et de nombreuses expéditions y sont envoyées. Les principaux souverains sont les Sésostris et les Amenemhat.

Dans cette époque sont construites les fondations de Karnak, par Sésostris. Mais les rois du Nouvel empire détruiront celles-ci pour construire la Karnak actuelle.

Art du moyen empire

L’art du Moyen empire est la production artistique datant de la période de l’histoire de l’Égypte antique qui dure entre 2033 av. J.-C. et 1710 av. J.-C., ce qui correspond aux règnes situés entre celui de Nebhepetrê Montouhotep II (XIe dynastie) et celui de Seankhataoui Sekhemka Rê (XIIIe dynastie).

Architecture

Temples divins

On connaît plusieurs exemples de temples divins, construits à la XIIe dynastie.

Le temple de Tôd, où fut découvert un important trésor d’argenterie aujourd’hui conservé au Louvre, fut établi par Sesostris Ier en l’honneur du dieu Montou. Il n’en reste actuellement que le plan au sol, qui est constitué de deux grandes salles : la première est une sorte de vestibule à quatre piliers, la seconde contient un naos au centre, entouré d’un couloir sur lequel ouvrent des pièces annexes. Le trésor, composé de lingots et de vaisselle d’argent, ainsi que de lapis-lazuli, se trouvait dans une de ces salles, qui devaient donc servir à des dépôts d’offrandes ou à la conservation de tributs.

C’est encore pour Sésostris Ier, à l’occasion de sa première fête-sed que fut élevée la chapelle blanche, retrouvée entièrement démontée dans les fondations d’un pylône du temple d’Amon à Karnak, et actuellement remontée dans le musée en plein air à côté du temple. Cette chapelle est en fait un bâtiment cubique auquel on accède par deux rampes opposées. Elle présente des éléments tout à fait caractéristiques de l’architecture égyptienne, comme le tore et la corniche à gorge, mais également le premier exemple de mur-bahut. Seize piliers extérieurs et quatre intérieurs soutiennent le toit plat. On peut comparer cette architecture à celle des chapelles situées à côté des temples pour recevoir la barque du dieu, et dont on a retrouvé un exemple aussi dans les fondations d’un pilier du temple d’Amon à Karnak. Le décor de la chapelle blanche est en bas relief très marqué, une caractéristique du style thébain. Il marque la liaison entre le dieu Amon, représenté sous forme ithyphallique et le pharaon. La fonction d’un tel bâtiment est discutée : non seulement, il servait dans les fêtes sed, mais aussi dans des processions, accueillant la statue du dieu Amon de Karnak.

Celui de Medinat Mâdi, actuellement englobé dans des bâtiments d’époque ptolémaïque, était dédié au dieu Sobek, et fut réalisé par Amenhémat III et Amenhémat IV. Il contient lui aussi toutes les caractéristiques de l’architecture égyptienne (murs droits, corniche à gorge, tore, etc.), et un exemple intéressant de colonnes papyriformes fasciculées.

Architecture funéraire royale

Les premiers pharaons du moyen empire étaient enterrés dans la région de Thèbes, dans des hypogées creusées à même la roche. Le pharaon Nebhepetrê Montouhotep II fit construire la sienne à Deir el-Bahari, à côté du futur temple d’Hatchepsout (XVIIIe dynastie). COnsacré en partie à Amon, ce complexe funéraire se compose d’un temple d’accueil, d’une grande cour avec en son centre une plate forme sur colonnes de 22 m de côté, sur laquelle se trouvaient peut-être une pyarmide entourée de colonnes et de piliers, ou un mastaba ou une colline plantée d’arbres. Deux tombeaux furent creusés pour le roi, dans la falaise à partir d’un temple qui comportait également une cour à portiques et une salle hypostyle. Des statues royales longeaient les rampes d’accès à ce complexe remarquable par son immensité et le fait qu’il fut à moitié construit et moitié creusé dans la falaise. Des bas reliefs très marqués et anguleux sont à rapprocher de ceux de la première période intermédiaire. La construction d’un ensemble aussi impressionnant rappelle que Montouhotep II fut l’homme qui ramena l’unité et le calme en Egypte, et par là même la possibilité d’utiliser les finances à de tels travaux.

La pyramide revient à la mode sous Sesostris Ier, qui fait édifier la sienne à Licht. Haute de 61 m, elle mesure 106 m de côté, et marque l’apparition du texte des sarcophages en remplacement du texte des pyramides. Le complexe est entouré d’une première grande enceinte, derrière laquelle se trouve la cour du temple funéraire. Une seconde enceinte enserre la partie privée, où des barques en bois et dix statues du roi ont été retrouvées.

La pyramide de Sesostris II se trouve à el-Lahoun : on peut encore y voir un beau sarcophage de granite rouge. A Daschour est élevée celle de Sesostris III (105 m de côté, 78 m de haut), et à Haoura (dans l’oasis du Fayoum), celle d’Amenhémat III. Ce dernier édifice, large de 100 m, se compose d’un dédale de couloir, et contient une cuve monolithique en granite. Son temple funéraire, situé sur sa face sud, était gigantesque (200 x 300 m de côté) ; englobé dans une muraille, il se composait de douze cours parfois à colonnade, sur deux étages.

Architecture funéraire des particuliers

Les riches particuliers au moyen empire étaient inhumés principalement dans les nécropoles de Beni-Hassan et d’Assouan. Dans la première se trouvent ainsi creusées dans la falaise près de trente tombes datant de la XIe et surtout de la XIIe dynastie. Sous la XIIe dynastie, les tombes se décomposaient de cette manière : une cour, menant à une chapelle creusée dans le massif rocheux d’où partent un ou plusieurs puits funéraires vers les caveaux. Les stèles étaient placées vers l’entrée, et non plus dans la chambre funéraire, tandis que la chapelle enfermait une niche avec une statue. Les décors de peinture et de bas-reliefs sont souvent somptueux, avec des scènes de pêche, de chasse ou d’agriculture et un grand sens du réalisme. De nouveaux thèmes apparaissent, comme les scènes de lutte, les guerriers, les fabrications d’armes et les thèmes exotiques. Chez Khnoum Hotep III, à Beni Hassan, on observe ainsi une caravane d’Asiatiques, une récolte de figues et une chasse aux canards. A Assouan, dans la tombe d’Amenhémat II, on peut voir des scènes de lutte où le mouvement est minutieusement décomposé.

Mobilier funéraire

Sarcophages

Au moyen empire se développe un type de sarcophage rectangulaire et emboîtables, le plus souvent en bois stuqué et peint, mais parfois en pierre. Le sarcophage de Sopi, conservé au Louvre, comporte à l’extérieur une fausse porte surmontée d’yeux-oudjat, et à l’intérieur, la frise des sarcophages, représentant les objets dont le défunt aura besoin dans l’au-delà, le texte des sarcophages, un recueil magico-religieux, et le texte des deux chemins, une sorte de carte du monde souterrain. Sur celui du chancelier Nakhti, également conservé au Louvre, on aperçoit aussi les yeux-oudjat surmontant la fausse porte, au niveau de la tête.

Stèles

Les stèles sont tout d’abord de forme rectangulaire, puis cintrées, représentant comme auparavant les défunts devant leur table d’offrande, le plus souvent. Elles sont à la fois sculptées, en bas relief ou en relief en creux, et peintes.

Modèles

Hérités de l’ancien empire, les modèles deviennent plus sophistiqués et plus nombreux. Il sont généralement en bois stuqués et peint, et remplacent parfois les bas-reliefs. Leur taille est souvent également plus importante, comme chez certaines porteuses d’offrandes. D’autres combinent de nombreux personnages, comme les modèles de greniers ou de bateaux.

La faïence égyptienne

L’utilisation de ce matériau siliceux de couleur bleu turquoise, typique de l’Égypte antique, se développe notamment au moyen empire, et ce sous deux formes : les hippopotames et les "concubines". Animal du fleuve, l’hippopotame représentait un grand danger pour les pêcheurs et les chasseurs, dont il risquait de faire chavirer les embarcations : pour cette raison, il était associé au mal. On peignait donc sur les statuettes de faïence des plantes des marais pour qu’il reste dans son élément. Les concubines, quant à elles, sont des statuettes féminines, souvent couvertes de points et de traits noirs qui pourraient symboliser des vêtements, des bijoux ou des tatouages. En général, elles ne possèdent pas de jambes mais ont des caractères sexuels bien marqués. Leur symbolique et leur utilisation restent cependant assez mystérieuses.

Statuaire

Plusieurs styles se succèdent dans la statuaire : l’un, un peu rude, se caractérise par des visages ronds, de grands yeux ouverts et une position assez raide. Il est principalement employé à la XIe dynastie, et se retrouve notamment dans une statue de Montouhotep II conservée au musée égyptien du Caire. En grès peint, cette effigie plus grande que nature (1,83 m de haut) représente le roi assis, portant la couronne rouge, sur un trône cubique et sans dossier. Il porte la barbe postiche et le manteau de fête-sed, mais ce qui frappe le plus, ce sont les chairs noires du personnages. Elles ne correspondent nullement à une réalité physique, mais seraient plutôt à mettre en relation avec le dieu Osiris, parfois représenté de la même manière.

Le "style classique", présent principalement à la XIIe dynastie, montre plus d’élégance, avec des visages plus personnalisés, moins stéréotypés, et un modelé du corps plus souple, comme dans le sphinx d’Amenhémat II du musée du Louvre, ou encore les statues de Sesostris Ier.

Il faut évoquer, pour les statues royales, le cas de celles de Sesostris III, qui montrent le roi à différentes âges de la vie, tantôt jeune et vigoureux, tantôt plus vieux, le visage émacié et les traits affaissés. La signification de ces différences est assez mystérieuse : il semblerait que ce ne soit pas des représentations de la réalité (les deux types ont pu être réalisés au même moment), mais plutôt le résultat de la volonté de montrer le roi humanisé, ou sous ses facettes diurne et nocturne, ou encore siège de la force jeunesse) et de la sagesse (vieillesse).

Dans le domaine privé, des changements aussi ont lieu dans les perruques, les vêtements et les attitudes : on note en particulier l’apparition de la statue-cube. Le bois est également de plus en plus utilisé. La statuette de la "femme aux pouces coupés" est représentative du premier style, ave sa raideur, ses yeux grand ouverts et ses longs doigts. Il faut imaginer qu’elle ne se présentait pas ainsi, nue, mais étaie parée de vêtements.

Le groupe de Senpou, en calcaire mais avec une table d’offrande en albâtre, est l’un des nombreux ex-voto retrouvés à Abydos. Cette mode semble avoir été particulièrement importante à la fin de la XIIe et au début de la XIIIe dynastie. Le défunt, entouré de ses parents est adossé à un fond cintré tandis que devant lui s’étale une table d’offrande avec la signe hetep, qui signifie "offrande", des vases et une gouttière pour les libations.

Bijoux

Joaillerie et orfèvrerie sont des arts particulièrement importants au moyen empire, et assez bien connus grâce à la découverte au XIXe siècles de tombes de princesses inviolées à Daschour. Le lapis lazuli, la cornaline, et la faïence sont incrustés sur l’or par la technique du cloisonné, pour créer diadèmes et pectoraux. Celui de la princesse Mereret, la fille de Sesostris III, est particulièrement remarquable : il se compose de manière symétrique, autour du cartouche du pharaon que tient dans ses serres un vautour. Deux sphinx lèvent la patte en direction du cartouche et dominent les neuf arcs, les ennemis traditionnels de l’Egypte. Il faut noter que si la scène est incrustée de pierre précieuses au recto, elle est également gravée dans l’or au verso. Ce type de bijoux avait évidemment un valeur protectrice.


source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Moyen_empire
Informations sur cet article
  • Auteur(s) : Thomas
  • Publication : 14 octobre 2005
  • Mise à jour : 15 janvier 2006
  • Profil(s) : Egyptologue

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