Dès le XVIIe siècle, plusieurs savants se penchèrent sur le déchiffrement des hiéroglyphes, certains préparant le travail de Champollion. On notera parmis ces précurseurs, Nicolas Peiresc et Athanase Kircher, bien sur, mais aussi :
Montfaucon abandonne le métier des armes pour entrer dans les ordres au monastère bénédictin de Toulouse où il apprend le grec, l’hébreu, le chaldéen, le syriaque et le copte. Son Antiquité expliquée (1719) obtient un succès fulgurant et fait de lui un promoteur des études archéologiques égyptiennes. En remerciement, le duc d’Orléans l’inscrit parmi les membres honoraires de l’Académie des inscriptions. À propos des hiéroglyphes, il déclare que leur déchiffrement ne sera possible que lorsque l’on disposera « d’inscriptions d’ancien égyptien répétées ensuite en grec ».
Bien que fils de procureur destiné à suivre les traces de son père, la passion de Warburton pour les lettres le pousse à entrer dans les ordres afin de pouvoir se consacrer entièrement à l’étude. Une partie de son œuvre, La Divine mission de Moïse, consacrée aux recherches sur les hiéroglyphes, est publiée en 1738 et traduite en français six ans plus tard. Plus de septante ans avant Champollion, il y suggère la signification phonétique des hiéroglyphes.
Barthélemy s’initie à l’archéologie et aux langues orientales. Entré comme assistant à l’Académie des inscriptions, il devient garde des Médailles du roi en 1753. Dans un article publié en 1761, il reprend l’idée de Warburton et il fait une observation fondamentale en remarquant que les « ovales » ou cartouches autour des hiéroglyphes enferment des noms royaux.
Ce savant danois maîtrise parfaitement les classiques grecs et la langue copte. Dans son ouvrage Sur les Obélisques, il réunit les principaux résultats de ses recherches sur l’Égypte ancienne. L’examen des inscriptions sculptées sur ces monuments le pousse à étudier l’écriture hiéroglyphique en se basant sur les notions fournies par les écrivains de l’Antiquité. Il devine l’existence d’un élément phonétique dans le système d’écriture mais en le réduisant à quelques caractères qui procédaient à l’expression des sons à la manière d’un rébus. Il s’oppose à l’idée de l’emploi mystérieux des hiéroglyphes réservé à un petit nombre d’adeptes et destiné à l’unique transmission d’un savoir occulte.
Zoëga établit une liste minutieuse de tous les signes hiéroglyphiques existants sur les obélisques de Rome et sur des objets conservés dans divers cabinets européens. Il meurt sans que ses travaux ne soient publiés.
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