"Au moment de la momification,son torse avait été rempli de nombreux produits désinfectants : les embaumeurs avaient utilisé un fin "hâchis" de feuilles de Nicotiana L., trouvé contre les parois internes du thorax, à côté de dépôts de nicotine, certainement contemporains de la momification, mais qui posent un problème, car ce végétal était inconnu en Egypte, semble-t-il."
Chr. Desroches-Noblecourt, Ramsès II, la véritable histoire, page 50, Ed. Pygmallion 1996.
Uniformément répartie dans tous les prélèvements et jusque dans les endroits les plus inaccessibles de la momie, ce qui exclut l’hypothèse d’une supercherie, l’analyse révèle la présence d’une plante appartenant au genre nicotiana L., auquel appartiennent entre autres, le tabac et le pétunia. Des investigations poussées (recherche d’alcaloïdes spécifiques à la famille des solanacées) ont permis de déceler la présence de nicotine. L’espèce exacte n’a malheureusement pu être déterminée mais il semble évident, sans aller jusqu’à invoquer d’hypothétiques voyages transatlantiques, que les Egyptiens ont connu ces espèces plus tôt qu’on ne le croyait.
Le problème continue d’échauffer l’imagination des chercheurs "sérieux" comme des amateurs de mystère...
Nous sommes en 1992, au Musée égyptien de Munich. Svetla Balabanova, toxicologue et médecin légiste, examine la momie de Henoubtaoui, une prêtresse de la XXIème dynastie (1085-950 avant J.C.). Avec stupéfaction, elle constate que l’examen révèle des traces de nicotine et de cocaïne. Or, ces deux substances ne seront connues dans l’Ancien monde qu’après l’expédition de Christophe Colomb, soit plus de 2500 ans plus tard ! Leur présence dans une momie égyptienne est donc totalement impossible. Afin d’en avoir le cœur net, elle refait une série d’analyses qui, contre toute attente, confirment la première : il s’agit bien de nicotine et de cocaïne. Persuadée qu’il s’agit d’une erreur de manipulation, Svetla Balabanova envoie des échantillons à d’autres laboratoires. Les nouvelles analyses corroborent les siennes. Cette fois, le doute n’est plus permis : la momie de Henoubtaoui recèle les traces de deux substances qui n’apparaîtront en Égypte que vingt cinq siècles plus tard, au moins !
Afin de faire part de sa surprenante découverte, Svetla Balabanova publie un article, qui relance aussitôt la polémique. La réaction ne se fait pas attendre. Elle reçoit quantité de lettres de menaces, voire d’injures. On l’accuse d’avoir falsifié les tests. Pour les archéologues et les historiens, les voyages vers l’Amérique avant Christophe Colomb constituent une impossibilité totale.
Svetla Balabanova envisage alors une autre possibilité. Peut-être la momie a-t-elle subi une contamination extérieure. Prudente, la toxicologue effectue un nouveau type d’examen. Elle a travaillé pour la police en tant que médecin légiste. Une méthode infaillible permet de déterminer si un défunt a réellement absorbé de la drogue. Il suffit pour cela d’analyser la gangue des cheveux. Celle-ci conserve les traces des molécules correspondantes pendant des mois, ou indéfiniment en cas de décès. Ce procédé, qui a déjà permis de confondre des criminels, est reconnu par les tribunaux. Une fois encore, l’incroyable résultat s’impose : la gangue des cheveux d’Henoubtaoui contient nicotine et cocaïne. L’hypothèse d’une contamination extérieure ne tient donc pas.
Rosalie David, conservatrice du Musée d’égyptologie de Manchester, est bouleversée par l’article de Svetla Balabanova. Comme ses collègues archéologues, elle ne croit pas un instant à la possibilité d’un trafic commercial transatlantique sous l’Antiquité. Pour elle, il n’existe que deux explications : soit un élément inconnu altère les résultats, soit il s’agit de fausses momies. Cette hypothèse est parfaitement plausible : au XVIème siècle, la poudre de momie était très demandée en Europe. Selon certains médecins, le bitume qu’elle contenait était censé guérir nombre de maladies. Le terme « momie » vient d’ailleurs du persan « mumia », qui signifie pétrole. Des marchands égyptiens peu scrupuleux fabriquaient de fausses momies à partir des corps de condamnés à mort, auxquels, après dessiccation dans le sable du désert, on faisait subir une momification grossière. Le phénomène connut un nouvel essor au XIXème siècle, avec l’intérêt suscité par l’Égypte après l’expédition de Bonaparte en 1798. Des fausses momies arrivèrent en Europe par bateaux entiers. Certaines étaient même vendues par morceaux.
Cependant, après un voyage à Munich, Rosalie David ne sait plus que penser. En raison de la polémique, on ne lui a pas laissé approcher les momies du musée. En revanche, elle obtient le compte rendu des recherches et en conclut que, compte tenu de la qualité de la conservation et de la qualité des bandelettes, la momie de Henoubtaoui est probablement authentique. Intriguée, elle effectue alors des analyses sur ses propres momies. La conclusion est identique : deux d’entre elles présentent des traces de nicotine. Cette confirmation prouve donc, de manière indéniable, que l’on connaissait le tabac sous l’Antiquité. Toutefois, elle ne démontre pas qu’il existait à l’époque un trafic commercial entre la Méditerranée et les Amériques.
Pour information, il faut se rappeler que le tabac a été ramené par Christophe Colomb.
Pour la contamination par la nicotine, lorsqu’on sait que le nicotine servait d’insecticide au XIXème siècle, la lecture suivante est édifiante :
Le Pacha d’Egypte ordonna le déshabillage de la momie de Ramsès II, ce qui fut fait en présence de celui-ci et de ses ministres le premier juin 1886. En 1907, Pierre Loti visita le Musée de Boulaq et constata la présence de champignons sur les téguments de la momie de Ramsès II. Il précise qu’un bain complet au mercure fut réalisé pour tenter d’endiguer sa prolifération.
En 1935, au départ de Pierre Lacau alors Directeur du Service des Antiquités, les momies quittèrent leur salle d’exposition, qui avait été interdite au public, et son successeur , le Chanoine Etienne Drioton eut la surprise de les retrouver debout, posées contre les murs du salon de l’ancienne maison de Gaston Maspéro où il devait habiter. Les momies regagnèrent alors le Musée des Antiquités où lentement leur dégradation commença.
"La nicotine est un alcaloïde fréquent chez les solanacées ( tabac, tomate, aubergine, pomme de terre,...). On la trouve également dans le chèvrefeuille. La nicotine ne peut se former que par une voie biosynthétique végétale (la synthèse chimique est académique et d’accès difficile). Comment les analyses peuvent-elles écarter l’erreur et la contamination ultérieure ? En effet du fait de la forte tension superficielle de la nicotine il suffit qu’une personne fume dans un local pour que l’on retrouve l’alcaloïde dans tout l’environnement. La contamination d’analyse par la nicotine est fréquente dés lorsqu’une personne fume aux alentours d’un laboratoire.
Par ailleurs la nicotine était l’un des rares insecticides dont l’on disposait au XIXe et la momie peut avoir été traitée contre les insectes dans un but de conservation ou avoir été environnée de fumeurs."
"Une variété de nicotiana native, a été découverte sur le continent africain en 1975 par Merxmüller et Butler : nicotiana africanum, découvert en Namibie. La grande diffusibilité de la nicotine, due à sa forte tension de vapeur, permet de s’interroger sur sa conservation dans un matériau pendant 3000 ans. Une analyse botanique des restes végétaux découverts dans les momies permettrait peut-être d’éclaircir la situation."
Certes la Namibie, située au-dessus de l’Afrique du Sud, sur la façade Atlantique, est très loin de l’Egypte. Mais il n’est pas exclut que cette variété, dans l’Antiquité ait existé en un lieu qui faisait commerce, directement ou indirectement avec l’Egypte.
les Incas ??? ou Ancas ?
Si vous chercher un livre à ce sujet je vous conseil : "le livre de l’Atlantide " de michel manzi (il a été écrit au 20eme siècle mais les 50 première pages traitent des similitudes entre l’egypte et l’amérique du sud !
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