Le lion qui rôdait sur les crêtes désertiques à l’est, comme à l’ouest où il se couche, régnera à jamais sur les deux horizons, sur hier et sur demain. Mais il incarnera aussi le roi, puissance souveraine, et, devenu sphinx, du pharaon, il prendra le visage. Le chacal aux oreilles pointues, au museau effilé qui errait aux confins des plateaux arides de la vallée, là où l’on enterre les morts, était devenu ANUBIS, le dieu des nécropoles et, adoptant le corps d’un homme, il guidait ces morts dans l’au-delà.
Le crocodile qui somnolait, tapi dans les longues herbes du marais avant de se précipiter sur sa proie, deviendra SOBEK, seigneur des étendues d’eau et dieux des chirurgien. Il était adoré à Crocodilopolis au cœur du delta, où les prêtres élevaient des crocodiles apprivoisés et les parairent de pendants d’oreilles en or et de bracelets dont ils chargeaient leurs pattes antérieures. On devait bientôt découvrir que tout les animaux du pays participait à la vie de l’égypte.
OUTO, la déesse cobra, dressée sur une feuille de lotus, protégeait le delta nord et NEKBET, la déesse-vautour, la vallée au sud. Les dieux attachés à la fécondité étaient innombrables. Ils avaient pour chef, MIN, personnage viril, coiffé de deux hautes plumes. RENOUTET, la déesse à tête de serpent, était responsable des moissons. Elle était la mère de NEPRI, le grain, petit bonhomme bourrelé de graisse, aux mamelles pendantes, coiffé d’une touffe de lotus. HAPY incarnait la crue du Nil. ERMONTHIS veillait sur les prairies verdoyantes. IL y avait un dieux des filets de chasse, il y en avait bien d’autres. Il y avait même des animaux pour veiller sur la progéniture des hommes : HEQET, la grenouille, qui pullulait dans les marais, devenue déesse, aidait les femmes au moment de l’accouchement. THOUERIS, l’hippopotame, cette goinfre qui avalait la moitié des récoltes dans son gros ventre, tenait dans ses mains humaines la croix de vie - la croix ansée - au-dessus du nez des enfants à la naissance.
Les dieux du Nil étaient, on le voit, innombrables et aussi divers que les hommes et a nature. Un certain nombre d’entre eux cependant se détachait du lot par leurs puissance, et, d’abord, les trois grands dieux qui maintenait la vie sur terre. KHNOUM, le dieu à tête de bélier, jouait un rôle décisif. Il gardait en effet, à la hauteur de la cataracte, les cavernes d’où jaillissait la crue sans laquelle l’Egypte aurait cessé d’exister, et il la libérait, le moment venu. Il était surtout le dieu-potier, celui qui, sur son tour divin, modelait les jeunes êtres avant la naissance, le fils du roi lui-même, l’humanité toute entière. PTAH, l’un des premiers dieux et l’un des plus anciens , avait créé par sa parole et sa pensée, toutes les formes du monde. Il était devenu le dieu des peintres et des sculpteurs. Gainé dans sa robe, un sceptre à la main, il conservait toujours une apparence humaine. Il avait pour héraut un taureau : HAPIS, symbole de la puissance créatrice. Et, dans son temple, à Memphis, Hapis était l’objet d’un véritable culte. Sa mort entraînait des cérémonies dignes d’un roi. Il était embaumé. Mais, à peine le deuil était il achevé, qu’un nouvel Hapis entrait dans l’étable sacrée avec sa mère et un harem de génisses séduisantes : c’était un jeune veau que Ptah lui-même avait désigné en marquant son pelage blanc de trois tâches noires, l’une sur le dos, l’autre sur le front, la troisième sur le cou. THOT, le dieu-Ibis, avait entrepris dès l’origine, d’organiser le monde. Il avait inventer l’écriture, les hiéroglyphes. Il avait différencié les langues et établi le calendrier qui permettait de calculer le temps. Il était devenu le dieu des scribes et des comptables et il s’était adjoint un singe, un babouin, , car il avait beaucoup à faire. Les autres dieux ne pouvaient en effet se passer de Thot. Il était le « secrétaire perpétuel ». Les hommes le redoutait car, s’il pouvait par ses formules guérir les maladies, il pouvait aussi enchanter la terre et l’eau et même le ciel où régnait les plus puissants dieux du Nil.
HORUS, le plus ancien seigneur du firmament portait une tête de faucon et ses deux yeux qui voyait dans la nuit étaient, dit-on, le soleil et la lune. Horus était d’ailleurs le dieu des astres. Il avait à l’origine régné sur la terre et le ciel, et il était présent dans tous les temples, planant comme un soleil ailé au-dessus des portes, peints sur les plafonds. Impénétrable, portant sur sont puissant corps d’homme, sa tête d’oiseau de proie, il participait toujours au scènes mystérieuses qui se déroulait sur les murs et sur les colonnes. Assis sur sont trône, tenant droit son sceptre, il était l’image de la toute puissance. Iil s’identifiera d’ailleurs aux pharaons auxquels les dieux déléguait sur terre leurs pouvoirs.
HATOR, son épouse et sa mère, corps du ciel, était la déesse de l’amour. Vache céleste, elle avait nourri les dieux à leurs naissance et elle insufflait au pharaons l’esprit divin avec son lait. Sa tendresse maternelle était sans limite et les morts eux-même se tournaient vers elle pour lui demander protection. Hathor s’affranchissait le plus souvent de sa forme animale pour n’en garder que deux petites oreilles qui pointaient sous une lourde perruque et deux cornes ou s’enchâssait le disque solaire. Elle était belle, elle aimait la musque et la danse et , s’accompagnant du sistre dont les sons se dissipent la tristesse, elle répandait la joie.
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