Le mot : 2° partie

La construction du mot hiéroglyphique (2/2)

On sait tous à quoi ressemblent des pages de hiéroglyphes : à du chinois !! Du moins pour une grande majorité des gens. Voilà ce que je vous propose : c’est d’essayer de vous montrer comment tout cela fonctionne. Je ne suis pas professeur, et bien que cela fasse quelques années que j’en fais, je ne pourrais vous donner que ce que j’ai compris. Autrement dit toutes les personnes qui veulent compléter sont bien entendu les bienvenues ! L’article se compose de deux parties : Quelques rappels pour commencer, et La construction du mot pour finir. Si vous vous sentez au point au niveau des notions de bases, passez à la deuxième partie.

Cependant, cet article fait appel à des connaissances de bases sur les hiéroglyphes. pour connaitre les bases du fonctionnement des hiéroglyphes, et pour comprendre cet article, une lecture de l’article d’introduction aux hiéroglyphes est indispensable.

La composition du mot

On va rentrer dans le vif du sujet, la composition du mot. Le but du jeu est de déterminer les phonogrammes, (des idéogrammes) et des déterminatifs (très reconnaissables, je vous le certifie).

On va prendre l’exemple du mot nuit, grh (h2), (remarque : dans la liste des unilitères il est spécifié quatre type de h, représentant un son, par commodité je vais utiliser leur numérotation spécifiée sur la liste) Avec la liste des unilitères on peut reconnaître le signe g, r, et le h2. Le 4° signe qui ne ressemble à rien de connu à première vue, est le déterminatif du mot. Donc ce hiéroglyphe se lit tout simplement gerehe (sur l’image, il se lit de droite à gauche).

le mot homme
O34
A1 Z1
Autre exemple le mot homme "s", on a bien le symbole du verrou donnant le son, puis le petit bonhomme assis le déterminatif et un trait qui désigne l’unité. En revanche c’est moins simple en ce qui concerne les bilitères et trilitères. En premier on repère le déterminatif du mot. Il peut arriver (très souvent même) qu’un même signe représente plusieurs syllabes, sans parler de tous les signes qui sont remplacés par un quasi équivalent dans le dessin (et puis les erreurs des scribes aussi, en fait c’est surtout pour se motiver ça !) mais qui ne donnent pas la même sonorité (mais c’est ce qui est marrant !). Cependant les Egyptiens ont pensé à nous, et surtout à eux : en grande majorité le bilitère ou le trilitère est accompagné de son unilitère : Par exemple djer, bilitère s’écrit avec le signe de la bouche donnant « r », ce qui nous indique que dans ce bilitère on a le son r. Simple non ?
Nefer
nfrf
r
Nefer, écris completement
Un autre exemple avec le trilitère nfr : dans sa graphie complète (celui-là a tendance à ne pas être écrit completement dans la plupart du temps, comme nous l’avons vu plus haut, mais il ne donne qu’un son possible donc ce n’est pas très grave) on a le signe « f » la vipère à corne, et le signe « r » la bouche.

Attention : apprendre les unilitères est très utile car, dans un mot (sauf certains cas) on a pas redondance de son ; on ne dira pas neferfer, ces unilitères ne sont là que pour nous orienter dans notre recherche du bilitère ou trilitère correct.

Un peu de grammaire

Vous avez tout bien compris ? Ce n’est pas si dur que ça ! Maintenant, mauvaise nouvelle pour ceux qui n’aime pas trop la grammaire : les égyptiens aussi en avait une : masculin, féminin, singulier, pluriel etc. étaient évidemment aussi utilisés chez eux ; on verra même plus loin une notion spécifique à l’égyptien ancien : le duel.

C’est très simple : pour reconnaître le masculin du féminin, il suffit de regarder à la fin du mot s’il y a un « t » avant le déterminatif.

Nehet
n
O4 t
M1
Par exemple nehet : le sycomore est féminin. Il y a cependant quelques exceptions : jt l’orge, jt le père wmt l’épaisseur wt la bandelette, mt vaisseau ou la veine, mwt la mort, n (h3)t la force, (h3)mt trois, (h3)nt face, (h3)t bois arbre, sst mollet, twt effige... Cette liste n’est pas exhaustive.

Un exemple ; le mot fils, c’est : "s3" (le canard) pour dire fille on ajoutera seulement un « t » et on dira : "s3.t" la fille, et ce c’est applicable à n’importe quel mot qui peut se féminiser.

Pour le nombre c’est tout aussi simple. Il y a une chose à savoir, pour l’Egyptien, le pluriel commence à partir de trois. (pour le deux on verra plus tard). Le pluriel se caractérise par l’ajout du w (prononcez "ou") et des trois traits du pluriels, puis enfin du determinatif. le w est représenté soit par le le poussin de caille soit par la corde.

Exemple - le mot poisson

Poissons
rmn
Z7
K5
Z2
Le mot poisson, rmn, ce qui donne au pluriel rmn.w le déterminatif ici est le poisson. Cependant il n’est pas rare que le w ne soit pas marqué ; en revanche on trouvera toujours les trois petits traits.

Voici un exemple de masculin et de féminin au pluriel : le mot fils , à gauche pour le masculin et droite le mot fille

G39A1Z3
G39Z7
t
B1Z3

Le Duel

Terminaison du masculin
wii
.wy
Le Duel est une forme de pluriel, il fonctionne indépendamment du pluriel. On l’utilise seulement dans les cas où les mots fonctionnent par deux, exemple, les deux bras, les deux terres... On l’emploie donc pour dire "les deux...", c’est leur façon pour le "2" pluriel. Ses terminaisons sont : .wy (l’autre signe pour le w peut également être employé, ceci est pour le masculin, pour le féminin on ajoutera à la fin du mot un y, ce qui donnera comme terminaison seulement .ty. Les égyptiens faisait donc une différence entre un objet unique (singulier), deux objets qui vont de paire (duel) et plus de deux objets (pluriel). Ca peut sembler compliquer, mais on prend vite l’habitude de remarquer ces mot qui vont de paire : Les deux terres, les deux yeux, etc. vous les écrirez automatiquement au duel, sans presque y penser au bout d’un temps !

Exemple : masculin le bras ’ donnera au pluriel ’.w, les bras et au duel ’.wyj les deux bras. Pour le féminin jr.t l’œil, au pluriel jr.wt les yeux, et au duel jr.ty les deux yeux. Donc pour reconnaître le pluriel du duel il suffira juste de repérer à la fin du mot si on a soit les trois signes du pluriel, soit les deux traits du duel (généralement utilisé). (faute de place nous ne vous proposons pas de voir la façon dont s’écrivent les mots précédents, mais le systeme reste le même que pour "bras => les deux bras". Il y a aussi quelques exceptions que vous assimilerez vite, elles apparaissent souvent à certaine période de l’histoire égyptienne mais on peut les retrouver au hasard des textes de n’importe quelle époque, il faut donc les connaitre

Les dieux
R8-R8-R8
R8-R8-R8
Remarque : dans certains textes on peut avoir 2 mêmes signes qui se suivent pour signifier le duel (pour les deux terres, par exemple), ou 3 mêmes signes qui se suivent pour signifier le pluriel (pour netcherou : les dieux, par exemple). La présentation ci-dessus du pluriel et du duel, sont les règles dites générales, cependant les solutions du doublement ou du triplement des signes restent courantes et utilisées souvent dans les textes. Vous risquez de les rencontrer souvent.

Astuce : pour repérer le sens de lecture regarder vers où contemplent les signes d’être vivant, pour lire on ira à la rencontre de leur regard

A vous de jouer !

Pour ceux qui ont envie d’une petite phrase à décortiquer, trouvez les différents mots, les déterminatifs et la translitérration de cette phrase :

iwimAa13
mw A2
mp t
N1
M36 Aa1
r
wN2

Aide

 Il est fortement recommandé de rechercher dans un premier temps les determinatifs
 les deux premiers signes jw sont indicateur d’énonciation indiquant qu’on parle au moment où vous êtes
 La deuxième chouette, est la préposition m signifiant dans

Pour prolonger vos connaissances des hiéroglyphes, vous pouvez vous atteler à la prochaine étape de ces leçons : le fonctionnement de la phrase, avec pour commencer, un article sur la Proposition à Prédicat Adverbial. N’hesitez pas non plus à essayer de déchiffrer des petites phrases que vous rencontrer, en vous armant d’un dictionnaire et d’un petit livre pratique.

Solution

imAa13
mw A2
m
p t
N1
M36
r
Aa1wN2
jmw m p.t djr hw (h3)
gemissement dans ciel depuis crépuscule

La phrase était : "un gémissement est dans le ciel, depuis le crépuscule"

Informations sur cet article
  • Auteur(s) : Lina, Thomas
  • Publication : 26 mars 2005
  • Mise à jour : 28 avril 2005
  • Profil(s) : Egyptodingo

Réactions

Répondre à cet article
  • Thôt :

    Ayant lu attentivement votre article très bien expliquer de la lecture des hiéroglyphes, je voudrais seulement attirrer votre attention sur une petite erreur concernant la traduction du mot

    Vous avez oublié dans la séquence de propositions à prédicat adverbial, jw. L’ellipse jw est la version française de est

    la transllitération exacte de la phrase est : un gémissement est dans le ciel


    Répondre à ce message

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