La faune et flore du Nil a changé au cours des siècles. Par exemple, les hippopotames ont disparu du Nil, leurs deux dernières apparitions furent relatées par Buffon en 1769 et par un chroniqueur arabe en 1815. Autre exemple le crocodile du Nil ; les derniers spécimens furent aperçus au XIX siècle en Nubie et il semblerait qu’on ait découvert des traces de sa présence dans le lac d’Assouan.
L’Ibis sacré (Threskiornis aethiopica), échassier au plumage blanc et noir avec bec incurvé, animal considéré comme sacré par les anciens Égyptiens devint très rare après 1850 pour des raisons très mal connues. Pour le voir à notre époque il faut se rendre au Soudan. Plus l’on se dirige vers le sud, plus la faune africaine caractéristique est présente. Au Soudan le nombre des espèces de mammifères passe de 259 à 60 en Égypte. Pour les oiseaux on compte 500 espèces au Soudan, dont 150 au bord du fleuve, contre 73 espèces d’oiseaux en Égypte dont 27 vivent au bord du Nil et 16 dans le désert. Les reptiles sont bien représentés dans le désert égyptien et on en a dénombré près de 88 espèces dans ce pays, mais il y en a 200 au Kenya. Les poissons sont relativement peu nombreux puisqu’on en a recensé seulement 115 espèces ayant presque tous le même régime alimentaire. Ces animaux sont typiquement africains et présentent des affinités avec ceux des eaux du Niger ce qui nous laissent supposer que les deux fleuves étaient jadis en communication.
Je souhaite attirer votre attention sur le fait que au paléolithique, et même dans des temps plus anciens, une bonne partie de l’Égypte était recouverte par la savane et localement des marécages facilitaient l’existence des hommes (puisqu’on à découvert des outils de pierre dans une vaste région englobant la vallée du Nil et une partie du désert datant de cette époque) et de nombreux animaux. Par ailleurs des fouilles effectuées à Khartoum et dans ses environs ont révélé la présence d’animaux aquatiques que l’on ne trouve plus que dans le Sud de nos jours. On en a découvert aussi en Nubie soudanaise et égyptienne. Donc depuis la construction des pyramides par les Anciens, le climat devint plus sec et le désert progressa. La grande faune africaine des savanes (lions, antilopes, girafes) commença à disparaître des peintures et des bas reliefs égyptiens. Cette période d’aridité dure encore de nos jours. Mais jusqu’à quand...
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