La pierre, plus que tout autre matériau, était liée à la durée. Il ne faut donc pas s’étonner de la trouver employée surtout dans les tombes et les temples, enceintes-relais d’éternité, l’une pour le mort, l’autre pour le vivant.
Les débuts de l’architecture de pierre sont inséparables du concept du Ka qui joue un grand rôle chez l’Egyptien, exprimant son désir d’une existance éternelle. Le Ka est pratiquement une manifestation des énergies vitales, non pas d’ordre physique mais plutôt psychique, ce qui explique son rôle d’animateur.
Dans sa manifestation, le Ka a un rôle créateur et conservateur. Le Ka peut donc désigner la "puissance" de création que possède la divinité ou Neter, mais aussi les forces d’entretien qui animaient Maat, l’ordre universel.
Selon certains, le Ka est le double céleste des choses manifestes ou terrestres, mais en réalité, la définition aurait dû être inversée, le monde terrestre est une "copie animée" du ciel grâce au Ka, réservoir en quelque sorte des forces vitales d’où provient toute vie, grâce auxquelles toute vie subsiste et où toute vie retourne après la mort.
N’oublions pas que Khnoum, le potier, ne modèlera pas seulement le corps en glaise mais avant tout le Ka du nouveau-né, car rien ne peut être vivant sans Ka.
Rendre le Ka, c’est mourir physiquement
Tout comme akh a trois "degrés d’expression", il y a trois aspects de Ka.
Nous avons vu que Ka est la Forme qui donne forme à la Substance pour faire la Matière : c’est le principe spirituel de fixité, c’est le point d’appui pour toute manifestation, et c’est lui qui va subir à travers ce devenir de multiples modifications, de la forme la plus basse jusqu’au perfectionnement du corps indestructible.
Ka est le taureau, incarnation du feu de Ptah : ardeur, puissance d’émission, stabilité-fixité, force de la nuque. Ka est la puissance Cosmique, il est l’essence de l’Idée de Taureau.
Porteur de la puissance génératrice, il donne la spécification héréditaire, aussi bien de la source originelle que des géniteurs terrestres.
Ainsi, Ka est porteur de tous les pouvoirs de manifestation et est le mobile des fonctions universelles. En clair, Ka est le Principe réalisateur de la création continue : sans Ka pas de puissance effective du père : sans Ka le fils ne peut révéler la face de son père. C’est donc grace au Ka que tout peut être nommé (Voir le ren).
Les qualité actives de Râ sont ses Kas (ou Kaou), les propriétés vitalisantes de chaque nourriture sont leur Kas. Tous les aspects du Kâ sont en l’homme, mais tous ne lui sont pas soumis. Les qualités supérieures du Ka individuel doivent être découvertes et "révélées" par chaque individu, qui doit tout faire pour en possèder la connaissance et la maîtrise. C’est pour celà qu’il est écrit selon les textes que "l’homme ne possède pas son Ka pendant sa vie terrestre".
Les viscères portent les Ka animaux, et les appétits ainsi incarnés subsistent quelques temps après la mort : c’est pour eux que l’on offre des nourritures funéraires.
Le Ka humain individualisé est supérieur à ces Kas animaux. L’image qu’on voit souvent sur les représentations egyptiennes est celle du Neter insufflant sa puissance dans la nuque de l’homme : la nuque est considéreé comme un "lieu" mystérieux, puisqu’elle supporte la tête qui commande à l’organisme vivant et exprime la conscience. La nuque est considérée comme un des sièges physique du Ka supérieur, qui le met en rapport avec les Ka organiques.
Bref pour résumer ces trois aspects du Ka :
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