Les débuts de la cosmologie héliopolitaine commencent avant la création du monde, c’est-à-dire dans le pré-existant (ou l’avant big-bang, ou avant la division de la cellule). On peut les résumer ainsi :
"Avant le commencement…. était le Noun, « Océan » Primordial, père des Neter, chaos originel : ce Noun n’existe pas, puisque la création n’a pas encore eu lieu. C’est un Océan sans limites, entouré d’une obscurité absolue (mais qui n’est ni l’obscurité, ni la nuit, puisque nous sommes avant la création : en effet, pour qu’il y ait nuit ou obscurité, il faut qu’il y ait lumière). L’Egypte décrit le Noun comme étant « ce qui n’existe pas ».
Spontanément au sein du Noun, une cristallisation s’opère, à la suite de laquelle Atoum, le « démiurge » se sépare du Noun par la pensée (= prend conscience de lui-même, de son « potentiel »), et se crée lui-même. Puis, conscient de lui-même, Atoum se met à parler, et par ce fait, se dissocie du Noun-indifférencié et non-existant (état neutre). Atoum lui raconte alors ce qu’il voit : un dialogue s’engage qui amène l’éveil progressif du Noun (= prise de conscience de ce qu’il est). Dès lors Atoum devient Atoum-Râ ou Atoum-Kheprer qui, en se masturbant (= notion de Mouvement) crée le monde".
Dans ce mythe, le Noun est une substance ténébreuse et inerte, qui existe avant la création, et qui est conçu comme une vaste étendue d’eau, sans fin, un océan illimité. Cette masse est inerte : elle ne tend pas à la manifestation, ni à l’actualisation, ni à la matérialisation, ni à la réalisation, spécialisation ou temporalité. Le Noun contient et est en chaque chose : le ciel, la terre « ta » et le monde de l’au-delà (Douat). Le Noun doit être compris comme un état d’avant la création : c’est un état d’aucun état, qui est avant que les transformations (kheper)1 actuelles de la Nature n’apparaissent. Le Noun est éternel (djedet).
La pensée de l’Egypte est une pensée des Qualités2 : l’absence absolue de toute activité ou différenciation dans le Noun, n’empêche pas qu’il contienne un « potentiel génétique » flottant en lui, et qui se transformera spontanément de l’état de latence à la naissance d’activité, et donnera d’abord la lumière (en opposition aux eaux ténébreuses et confuses du Noun), puis la vie.
Le Noun n’est donc pas un Zéro ou un vide (dans le sens d’absence de toute chose manifestée), mais un néant qui contient en lui-même, la virtualité d’un potentiel génétique autogène, univalent et singulier, lançant et accomplissant la création dans le milieux des eaux sans limites, et ce par l’action sur lui-même. Par conséquent la création est « démiurgique », c’est-à-dire qu’elle fonctionne dans et sur la substance pré-existante, éternelle, sombre et inerte représentée par le Noun. Ce pouvoir de création qui se cristallise dans le Noun, est un état virtuel qui est avant la « forme », c’est-à-dire avant l’espace et le temps, avant la création du ciel, de l’horizon, de la Douat et de toute leur dynamique. Nous sommes loin de notre notion actuelle du zéro ou du néant, mais plus proche de notre notion d’unité cellulaire qui se divise (karyokynèse)5.
[1] cf article les Sept Puissances fatales
[2] cf Principes de le pensée égyptienne
[3] Cf Principes de le pensée égyptienne - Cause et Effet
[4] cf dossier mathématiques et article astronomie
[5] Cf Présentation des cosmogonie
L´Egypte Ancienne de Toutankharton - Contenu sous Licence Creative Commons BY-NC-SA - Valide HTML 4.01 et CSS 2 - Design, maintenance :Thomas Joulin
A propos du site - Contacter l´auteur - Politique d´accessibilité - Plan du site - Haut de page
Partenaires : Egypte Antique Photos d'Egypte