Geb

Centre de culte, origine : Il semble que son centre religieux ait été Héliopolis, où Nout et lui engendrèrent l’Oeuf primordial duquel naquit le dieu Soleil. Il est très possible qu’à l’origine, Geb était un dieu étranger d’ Heliopolis, originaire d’une certaine ville pas très éloignée. Nous pouvons suivre sa traces depuis la IIIème dynastie, moment où il apparaît intégré au pantheon, du moins iconographiquement.

Nom égyptien : Geb

Animal assimilé : Geb est associé à une oie sacrée (Anser albifrons ) et à Coptos, il peut être représenté sous la forme d’un crocodile.

Description : C’est l’un des dieux primitifs de la cosmogonie d’Héliopolis, crée par le premier couple divin, Shou et Tefnout. Il est l’époux et le frère de Nout. Cet inceste mythique semble pour la première fois remis en cause. Râ étant contre l’union secrète de Geb et de Nout, il décida d’envoyer son fils Shou les séparer, laissant ainsi la place au démiurge solaire dans sa barque. L’inceste mythique n’est pas pour autant réellement réprouvé puisqu’il n’est pas moins fertile. Geb et Nout donnent naissance à la quatrième génération divine formée d’Osiris, d’Isis, de Seth, de Nephthys et d’Horus, qui, ainsi, apportent une touche finale à l’énnéade héliopolitaine. Nout représente le ciel et Geb incarne la terre, c’est à dire le sol, d’où naissaient les produits de la terre et d’où jaillissaient l’eau. bien qu’il soit une divinité de la terre, son caractère chtonien a pu être emprunté à un autre plus ancien qu’il a assimilé.

Symboliquement Geb et Nout s’unissent secretement la nuit, tandis que Chou les sépare le matin. En effet, pour les Egyptiens, la nuit n’est autre que la retombée quotidienne de la voûte céleste sur la terre, cette voûte céleste étant remise en place au matin sur quatre piliers.

Le dieu est représenté sous les traits d’un homme étendu sous le ciel avec, parfois, des plantes poussant sur son dos. Il est appuyé sur un coude, un genou et un bras en l’air. Il symbolise ainsi les vallées et les montagnes de la terre, que l’on appelait "la maison de Geb." Son rire provoquait les tremblements de terre. Sa peau était noire ou verte (les couleurs de la vie, du limon du Nil et de la végétation). Geb est anciennement figuré sous l’aspect d’un homme sans attribut, plus tard, l’iconographie lui accorde une couronne complexe : la couronne du Nord ou du Sud, à laquelle on ajoute soit la couronne Atef ou une oie, animal sacré de Geb. Parfois, il est représenté avec le pénis en érection, essayant d’atteindre Nout. A Coptos il peut être dépeint sous la forme d’un crocodile.

La personnalité de Geb est ambigu. Dieu du sol, il est une des personnifications de la fertilité agricole, ses caractéristiques anatomiques laissent planer peu de doute sur sa fécondité. Néanmoins, il est aussi la terre qui avale les morts, et les Textes des Pyramides le montrent comme une force malveillante qui emprisonne les défunts inhumés en lui. Dans sa fonction funéraire, il représente la caisse du sarcophage, et Nout son couvercle. Geb est également le sol de la tombe et Nout le plafond. De cette manière, le défunt fait partie intégrale d’un microcosme, qui symbolise l’union des deux divinités avant qu’elles ne soient séparées.

Il semble que son centre religieux ait été Héliopolis (près du Caire), où Nout et lui engendrèrent l’Oeuf primordial duquel naquit le dieu Soleil. Ains Gc,et est nommé le "Grand Caqueteur", tandis que sa fille, Isis, passe pour l’"œuf de l’oie". Geb est considéré comme le "Père des dieux", puisqu’avec Nout il a engendré le soleil, mais il est aussi le souverain de la terre. Par la suite, son autorité se transmet à Osiris, puis à Horus, et donc aux pharaons.

Comme dans beaucoup d’autres légendes, où le fils se rebelle momentanément contre sa mère, Geb viola Tefnut, poussé par des pulsions incontrôlables.

Selon une tradition attestée tardivement, Geb, voulant succéder sur le trône royal à son père Shou, déroba l’uraeus, arme invincible contre les ennemis du soleil, pour démontrer sa capacité à gouverner. L’uraeus, le divin cobra, lui brûla le visage d’une flamme. Confus, Geb demanda de l’aide à Rê qui lui prêta une perruque qui le calma et soigna immédiatement sa plaie. Geb monta sur le trône et fût un si bon roi que les Pharaons d’Egypte sont parfois nommés " héritiers de Geb " en vertu de leur excellent règne.

Plus tard, selon une tradition memphite, à la suite de la disparition d’Osiris, Geb apparaît comme un des arbitres entre Horus et Seth. Geb est le plus souvent le soutien d’Horus, enfant légitime et vengeur de son père. Ce soutien, cette protection tend à faire de Geb le patron de la fonction royale égyptienne de sorte que le trône d’Egypte est souvent nommé "trône de Geb".

Il est intéressant de constater que si dans de nombreuses cultures, la Terre nourricière est une personnalité féminine ("La Terre Mère", Déméter chez les Grecs, etc.), les Egyptiens ont choisi un homme pour ce rôle.

Informations sur cet article
  • Auteur(s) : Thomas
  • Publication : 13 avril 2005
  • Mise à jour : 13 avril 2005

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