Pharaon (dérivation grecque de Per-aâ ou Per-aô, mot désignant à l’origine le palais royal et qui signifie « La grande maison », en transcription scientifique pr r3), était la fonction suprême de l’Égypte antique. Bien plus qu’un roi, le pharaon était à la fois l’administrateur principal, le chef des armées, le premier magistrat et le prêtre suprême de l’Égypte. En effet, pharaon avait une mission à remplir : mettre en oeuvre la règle de Maât sur la terre ; c’est à dire assurer l’harmonie entre les hommes et et le ciel, être garant de la morale de son peuple, contribuant ainsi à assurer son éternité. Dans de nombreux cas, il revenait à pharaonPharaon de choisir seul la politique à mener. En pratique, il déléguait souvent l’exécution de ses décisions à une cohorte de scribes, de conseillers et de chefs.
aux scribes de répertorier les décrets, les transactions, le résultat des récoltes ;
au général des armées d’organiser les campagnes de guerre que le pharaon décide ;
au Vizir de rendre la justice au nom du pharaon ;
au simple prêtre de rendre hommage aux dieux en lieu et place du pharaon ;
au Grand Prêtre d’organiser et de gérer les biens du clergé.
Pour les Égyptiens, le monde est composé d’un ensemble d’entités personnalisées, de forces supranaturelles qui agissent sur toutes les composantes de la nature et qui s’incarnent dans la personne du pharaon : selon la mythologie égyptienne, dans le corps du pharaonpharaon coulerait un sang divin provenant de son ancêtre, le dieu Horus. Pharaon est l’expression quotidienne, l’acteur principal qui peut, par des rituels effectués dans les temples, agir sur ces forces suprnaturelles. C’est donc grâce à lui que chaque jour la course du soleil à lieu, que le Nil inonde les terres à chaque crue, que les semailles et les moissons se succèdent, que la vie se perpétue. Divinisé, garant du déroulement régulier de l’ordre cosmique par l’acte cultuel qu’il accomplit, le rôle que joue le roi dans le domaine religieux est primordial : il est l’officiant suprême. Les prêtres, répartis dans tous les temples du pays, n’agissent qu’en son nom, par délégation.
À côté de l’aspect divin se dégage donc le rôle politique du monarque, seul véritable propriétaire du pays, des biens, des hommes voire de l’univers tout entier. Il se doit de maintenir l’unification politique qui remonte aux origines de la royauté. Il est "celui qui tient les Deux Terres dans l’étreinte de ses bras".
L’administration égyptienne est soigneusement organisée selon un système hiérarchisé répartissant les fonctions aux divers échelons : central, provincial et extérieur.
Le palais est le centre administratif du pays. Vaste complexe architectural, il joue non seulement le rôle de lieu d’habitation somptueux pour le roi et sa famille mais aussi de siège de l’administration, de magasin, d’atelier, de dépôt pour les archives de l’État, voire de place forte. C’est de là que le roi, visiblement de manière active, gère les affaires du pays.
Au niveau local, l’Égypte est divisée en provinces appelées nomes, assujetties aux services centraux et dont les administrateurs ont été mis en place par le pharaon.
Le fonctionnement des territoires étrangers dépend également directement de l’administration centrale.
Au départ, les charges importantes étaient réservées à la famille du souverain mais la spécialisation des tâches et le développement croissant de l’administration poussa le roi à déléguer le pouvoir à des personnes qui n’étaient pas de sang royal. La plus haute charge est celle du vizir, représentant et véritable bras droit du souverain, trait d’union entre l’administration centrale et l’administration locale. À partir de lui s’instaure tout un réseau de fonctionnaires, des plus hauts dignitaires jusqu’au simple gratte-papyrus, dans lequel les scribes pouvaient voir un moyen de s’élever dans la hiérarchie sociale. Notons à ce sujet qu’en organisant des écoles de scribes qui assuraient une main d’œuvre indispensable à la bonne marche de son administration, l’État a produit non seulement des fonctionnaires mais également des lettrés qui ont utilisé l’outil mis à leur disposition, à savoir l’écriture, pour diffuser la culture.
Le monarque s’assurait ainsi avec son peuple un contrôle et un lien permanent qui, partant du palais, passait par les nomarques, les chefs des villes et des villages pour aboutir aux couches sociales les moins élevées : ouvriers, artisans et paysans.
Le rôle du pharaon était nécessaire au maintien de l’unité et de la gestion du pays. Pour preuve, à chaque affaiblissement de la monarchie au profit, notamment, des gouverneurs locaux qui profitaient de la situation pour s’assurer davantage de pouvoir, le pays s’est divisé.
Après de longues années de règne (trente ans normalement), le pharaon pouvait organiser une Fête-Sed pour régénérer ses forces et montrer au peuple qu’il était encore capable de gouverner le pays.
Ayant pour mission de maintenir Maât et de repousser les forces du mal, le pharaon se doit de protéger son pays contre les invasions étrangères, manifestation du chaos. Secondé par son vizir, il est donc le chef de l’armée et de la diplomatie. S’il délègue une partie de ses pouvoirs dans les domaines politique et religieux, il semble avoir toujours gardé personnellement la conduite de l’armée.
Dans les premiers temps de la monarchie, les domaines royaux et religieux ainsi que les nomarques devaient former leurs propres milices. Au Nouvel Empire, après que le pays eut connu une période de domination étrangère sous les Hyksôs, une hiérarchie militaire rigoureuse (général en chef, généraux, scribes et différents responsables de l’armée) s’est formée. Le pharaon devint alors plus qu’un protecteur, un conquérant dont la mission était d’étendre la puissance de l’Égypte au delà des frontières du pays. En contrepartie, ses sujets se devaient de participer à l’effort militaire d’autant plus que l’incorporation dans l’armée de métier laissait entrevoir une carrière qui pouvait être prometteuse.
En tant que garant de l’harmonie universelle, il est tout naturel que la fonction judiciaire incombe également au pharaon.
C’est à lui d’arbitrer les conflits, de faire respecter les lois, les us et coutumes du pays, d’empêcher les abus, de promulguer de nouveaux décrets quand le besoin s’en fait sentir et de diriger l’appareil répressif.
Nous ne possédons pas de codes de lois de l’ Égypte ancienne mais nous disposons d’une multitude de textes juridiques : contrats, testaments, minutes de procès, édits, décrets royaux prouvant qu’il existait bien des lois précises servant de référence.
La structure juridique repose sur le vizir qui porte le titre de "prêtre de Maât" et qui dirige une multitude de fonctionnaires œuvrant dans des juridictions couvrant l’ensemble du pays.
Ainsi, il n’existait pas de justice privée en Égypte. Seul le pharaon avait droit de vie et de mort sur ses sujets mais ne pouvait en user de manière arbitraire. Il devait se conformer aux lois. Quant aux gens du peuple, même de rang social peu élevé, ils pouvaient espérer faire valoir leurs droits.
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