Cet article est un résumé synthétique présentant l’Egypte dans l’évolution internationale. Il est lié à un ensemble cartographique illustrant les evolutions évoquées
Le Néolithique agricole diffuse depuis le Moyen Orient :
On ignore le centre exact de diffusion (probablement l’actuel golfe Persique), mais on a pu dresser un modèle de base des conditions nécessaires à l’adoption et à la diffusion de l’agriculture :
Dans la zone de contact avec les colons agriculteurs, les chasseurs-ceuilleurs adoptent progressivement le mode de vie agricole
Les populations de chasseurs-cueilleurs connaissent l’affermage, ce qui entraine des échanges d’informations (par le commerce et l’échange de matériel).
L’affermage n’est pas encore adopté.
Des bribes de frontières se fixent entre indigènes paléolithiques et cultivateurs.
Adoption d’éléments appartenant au style de vie des populations agricoles : la frontière progresse
Les chasseurs-cueilleurs sont de plus en plus en concurrence avec les agriculteurs
Disparition des conditions transitoires entrainant l’adoption de l’agriculture
Nota Bene : La progression se fait par à-coups : les techniques Néolithiques diffusent d’abord par l’arrivée (brutale) de groupes de colons face aux populations peu denses de chasseurs-cueilleurs. Ensuite il y a diffusion progressive, dans la zone de contact, par adoption du mode de vie agricole au lieu de celui de chasse-pêche-cueillette (devenu plus aléatoire avec les modifications climatiques). Parallèlement, les chasseurs-cueilleurs adoptent les termes du langage agricole des colons (noms d’outils, de plante, etc). Devenus à leur tour agriculteurs/éleveurs, la frontière entre agriculteurs/chasseurs-ceuilleurs se déplace : c’est ce qu’on appelle la diffusion par adoption (ou principes de Zvélébil). A titre d’exemple, l’avancée des Pré-Proto-Indo-Europénes dans les Balkans, puis la diffusion de l’agriculture sur toute l’Europe balkanique, loin d’être la terrible chevauchée qu’on croyait, s’est faite à une vitesse moyenne d’1 km/an.
C’est le même scénario qui se déroule en Egypte : arrivée de colons dans le Delta et diffusion progressive + unification culturelle (ci-dessous, le rôle du fleuve).
Les 1ères cités-Etats néolithiques sont de type du Ghassulien (Palestine) : l’Etat est constitué d’une cité (un gros bourg) et des plaines environnantes. Il y a une certaine aisance, mais pas à proprement parler de grande richesse. Dès les origines, il y a contacts avec les cités alentours. Il y a multiplication de micro-Etats le long des grands bassins fluviaux (idéaux pour des agriculteurs) : Nil, Mésopotamie (Sumer), Indus, Bactriane, Fars, partie Sud de l’Arabie. L’accroissement de la population (alimentation régulière, meilleure conditions de vie,..) amène les Etats à développer de nouvelles terres cultivables en réalisant des travaux d’irrigation inter-Etat, développant ainsi des relations d’assistance (groupes d’Etats, puis royaumes confédérés) et commerciales afin d’assurer un approvisionnement régulier.
Le fleuve est un lien unificateur : en Egypte, les cultures coexistantes du Néolithique fusionnent. Dès l’époque Nagada II l’outillage est identique en Haute et Basse Egypte. Des travaux d’irrigation développent de nouvelles terres. Le commerce est très actif sur le fleuve. Une langue commune cristallise. On trouve un procédé d’unification culturelle semblable à Sumer, en Bactriane, à Marib (Royaumes Mynien d’Arabie) ou dans les Civilisations de l’Indus qui développent également d’immenses travaux d’irrigation. L’unification se fait d’abord culturellement, ensuite militairement (en Egypte, unification de plusieurs royaumes en un seul ; à Sumer, un royaume prend l’hégémonie sur les autres).
L’émergence de la métallurgie va intensifier les échanges commerciaux et l’enrichissement des Etats de Palestine-Syrie du Nord-Anatolie : la sédentarisation liée au mode de vie agricole rend obligatoire l’approvisionnement en matériaux nécessaires au développement. Le développement de la métallurgie, oblige les Etats urbains-agricoles à se rendre maîtres de leurs approvisionnements en métaux.
La carte des routes commerciales parle d’elle-même :
les routes relient les grands centres agricoles/urbains aux lieux d’approvisionnements. Quelques exemples :
L’Egypte manque essentiellement de minerais et de bois de construction.
Sumer manque de pierre et bois de construction et de minerais :
La Bactriane fait le commerce du précieux lapis-lazuli
La nécessité d’assurer des approvisionnements réguliers, seuls gages d’un développement durable, amènera les luttes hégémoniques qui marquent autant la période d’unification prédynastique que les relations internationales ultérieures entre grand empires. Les routes commerciales sont peu sûres. En Palestine et Syrie du Nord, les nomades sémites qui errent entre les territoires des cités-Etats, rançonnent les caravanes. Les Etats traversés perçoivent des taxes sur le trafic commercial, en échange de la protection des caravanes. La nécessité d’assurer les approvisionnements amène nécessairement une phase d’expansion :
La conquête consiste en une démonstration armée, les roitelets se soumettant au paiement d’un tribut. En général, les dynastes locaux sont laissés en place, sinon, ils sont remplacés par une autre famille plus coopérante. Un gouverneur est installé dans les Etats stratégiques pour assurer le monopole de l’Empire sur la région dont il a la charge (gouverneurs égyptiens (Byblos, ..), kâhun assyriens, …). Le pays vassal, assurant un approvisionnement au moindre coût à la puissance suzeraine, poursuit librement ses activités de commerce avec les autres Etats, ces dernières étant simplement surtaxées (pour le tribut) et donc plus onéreuses.
Il ne s’agit pas de conquête territoriale à proprement parler, l’occupation n’étant pas permanente. Même bien plus tard, l’empire Perse, qui nomme des Satrapes et met en place son administration impériale et ses garnisons d’occupation, laisse en place les droits, cultes et institutions locales. En Egypte, par exemple : des dynastes locaux tributaires du Grand Roi règnent sur le Delta ; Darius 1er ordonne la compilation de tous les textes de droit égyptiens (droit foncier, etc), cette compilation servant de référence pour tout jugement ; les institutions locales restent les mêmes, mais sont soumises au Satrape ou à un gouverneur de province (medinah) qui fait office de recours judiciaire lorsqu’on est mécontent d’un jugement de tribunal égyptien (service payant par un « don » quelque soit la décision) ; etc
L’armée prend un rôle de plus en plus important, et devient un auxiliaire des relations commerciales :
La théorie de la décadence : une propagande qui a la vie dure !
Notre vision de l’histoire est conditionnée par les écrits des auteurs classiques. Il est amusant de voir à quel point la théorie de la décadence conditionne notre manière de percevoir l’histoire ancienne : c’est oublier que cette théorie n’est inventée par les Grecs des V° et IV° siècles (Hérodote, Xénophon, Ctésias, Démosthène, …), que dans l’optique d’une virulente propagande anti-Perses (le Perse étant forcément décadent…).
Les fins d’Empires Egyptiens ne sont pas des phases de décadence à proprement parler : le pouvoir royal s’affaiblit simplement au profit des nomarques. Ceux-ci se louent pour les travaux qu’ils accomplissent eux-mêmes (irrigation, réfection de temples,…), rôle précédemment dévolu au Pharaon. Mais il n’y a pas décadence au sens entendu généralement.
Les Périodes Intermédiaires ne sont pas des phases de décadence : il y a anarchie au sens ou le pays est divisé en plusieurs Etats (les nomarques ont pris les titulatures royales), mais ce n’est pas pour autant qu’il y a recul technologique ou culturel. Les guerres hégémoniques qui suivent entre royaumes appauvrissent le pays, mais à chaque réunification, l’Egypte n’a rien perdu de ses connaissances.
Il en est de même de la Période Tardive (672-31) aussi appelée Basse Epoque (le terme même de Basse Epoque conditionne l’idée de décadence) :
Il faut se méfier de toute interprétation de l’histoire antique vue simplement sous le prisme de la théorie de la décadence (comme c’était le cas en Europe Occidentale jusqu’au dernier tiers du XX°siècle).
L’histoire en Egypte suit des phases cycliques étroitement liées au contexte international, oscillant entre période d’unification (« Empire ») et période de divisions (« Périodes Intermédiaires »).
| Déroulement | Evenements déclencheurs |
|---|---|
|
Un royaume prends l’hégémonie sur les autres Bois de construction et minerais sont necessaires pour assurer l’accroissement des ressources, augmenter le prestige du pouvoir central (donc asseoir l’autorité de Pharaon) ou répondre à la demande des populations toujours croissantes (irrigation, construction de canaux, construction de temples/monuments, etc.) |
Ancien Empire : Abydos ? Hiérakonpolis ? (Narmer/Menes : -2900) Moyen Empire : Thèbes (Montouhotep : -1986) Nouvel Empire : Thèbes (Ahmosis : -1518) |
| L’Egypte conquiert l’or de la Nubie. L’or permet de financer les armées (très souvent la conquête va de pair avec la fin d’une phase d’unification) nécessaire à assurer la reconquête du pays et à reprendre le contrôle des axes commerciaux (Phénicie) |
Ancien Empire : Campagne de Aha jusqu’à la deuxième cataracte Moyen Empire : Annexion de Ouaouat (-1993 : Montouhotep II) Nouvel Empire : Conquête de Ouaouat par Kamosis (-1541 - -1539) dernier roi de la XVII° dynastie, avant Ahmosis |
| L’Egypte conquiert la Palestine-Syrie du Nord (Phénicie), s’assurant cèdre du Liban et contrôle d’axes commerciaux internationaux et stratégiques L’empire dispose alors de tous les moyens necessaires à son developpement et à sa grandeur (statues colossales, pyramides...) |
Ancien Empire : Présence attestée dès la première dynastie (Byblos avec stèles, mobilier funéraire, etc.) Moyen Empire : Une seule campagne attestée sous Sésostris III (1836-1817), mais hégémonie retrouvée dès Montouhotep II Nouvel Empire : Reprise de Byblos par Thoutmosis 1er (1949-1481), 2ème successeur d’Ahmosis |
| Déroulement | Evenements déclencheurs |
|---|---|
| En général suite aux invasions provoquées par des modifications climatiques (et/ou à l’expansion d’autres empires) et suite à la luttre pour conserver ses positions, la mainmise sur la Palestine-Syrie du Nord devient plus chaotique, perturbant les approvisionnements. Progressivement, les dynastes locaux entrent en rébellion en Palestine |
Ancien Empire : Perte de la Phénicie face à Sumer, puis bouleversment suite aux invasions Luwi Moyen Empire : Perte de contrôle sur la Syrie du Nord (Hittites, Mitanni) Nouvel Empire : Perte de contrôle de la Palestine et Syrie du Nord, totalement dévastées par les invasions des Peuples de la Mer et les invasions araméennes |
| La lutte contre les rebelles, la récession économique qui découle d’approvisionnements devenus irréguliers, amènent une usure progressive du pouvoir central au profit de nomarques locaux (souvent personnages importants par le nome qu’ils gèrent. Les moyens économiques diminuant, les nomarques se desinterressent progressivement des projets de travaux (pyramides etc.) d’un pouvoir centrail qui s’use à maintenir ses approvisionnements ou à lutter contre des flux migratoires |
Ancien Empire : La responsabilité du gouvernement et du bien-être de la population passe graduellement du Palais aux provinces : les nomarques prennent de l’importance : l’Etat n’est plus un Etat fort (au sens de centralisé) + long règne de Pepi II (2246-2152) Moyen Empire : Annexion de Ouaouat (-1993 : Montouhotep II) Nouvel Empire : Conquête de Ouaouat par Kamosis (-1541 - -1539) dernier roi de la XVII° dynastie, avant Ahmosis |
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Profitant de ces faiblesses du pouvoir central, la Nubie entre en guérilla contre la présence égyptienne, et se détache progressivement de l’Egypte C’est l’accélérateur de la décomposition du pouvoir royal Privé de l’or nubien, le pouvoir de Pharaon ne devient très vite que symbolique, jusqu’à ce qu’un premier nomarque prenne la titulature royale, bientôt suivi par d’autres : l’Egypte est alors morcelée en différents royaumes |
Ancien Empire : Arrivée de populations du Groupe C (2600-2400) entraînant l’évacuation de Bouhen par les colons égyptiens Moyen Empire : Pendant la XIII° dynastie, des confédérations tribales emergent en Nubie occupée. Les confédérations tribales se libèrent du joug égyptien (Bouhen est brûlée). Emergence du Royaume de Kerma Nouvel Empire : Sous le règne de Ramses XI (1099-1069), le vice-roi de Nubie se rebelle et la Nubie devient indépendante : guerres de Panéhésy |
Entre ces deux phases, la cause des désordres vient des modifications climatiques, qui provoquent des migrations bousculant l’ordre établi en Syrie-Palestine :
| Déroulement | Evenements déclencheurs |
|---|---|
| Suite à une modification du climat (oscillations marines), des flux migratoires se fond venant d’Indo-Européens ou Proto-Indo-Européens au Nord du Moyen Orient, et venant de populations sémites depuis le Sud |
Ancien Empire : La régression des Bahamas provoque la migration des peuples des steppes (Ukraine méridionale) Moyen Empire : Même cause (mouvements des peuples des steppes) et invasions sémites Nouvel Empire : Régression Krane Key provoque la migration de la Lusace et pontique, puis invasions sémite |
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Ces flux migratoires bouleversent l’ordre établi en Anatolie-Syrie du Nord-Palestine-Zagros (selon la période) et de nouvelles populations s’installent Les relations commerciales sont fortement perturbées, très souvent totalement interromppue, les cités étant souvent détruites par le feu. Elles sont reconstruites, puis lentement la situation se stabilise et le commerce reprend jusqu’à la prochaine vague invasive |
Ancien Empire : Invasions Luwi et Gutti poussées par les peuples des steppes et expansion de Sumer Akkad en Phénicie (Sargon 2370-2314) Moyen Empire : Invasions Indo-Européennes (Hittites) et Proto-Indo-Européennes (Hourrites du Mitanni) poussées par les peuples des steppes Nouvel Empire : Invasions des Peuples de la Mer (Indo-Européens poussés par Lusace) et invasions sémites araméennes |
Il s’agit de mouvements et non de phases parfaitement identiques : chaque cycle est teinté du nouveau contexte international qui suit l’invasion précédente et des évolutions culturelles qui y sont liées (évolutions métallurgiques, introduction du cheval, etc).
(Carte 4 : le contexte après les invasions de 1300-1100)
Tout au long de son histoire, l’Egypte ne cherche pas à étendre sa domination au-delà de la Nubie ou de la Syrie du Nord, c’est-à-dire au-delà de son approvisionnement en or ou en bois de construction :
La politique des Pharaons vise simplement à se maintenir sur cette zone traditionnelle, la stratégie internationale de la Période Tardive continuant celle du Nouvel Empire. Cette politique n’est pas le propre de l’Egypte : tous les Etats du Moyen Orient font de même. Il n’y a conflit que lorsqu’il y a concurrence pour un même approvisionnement, mais à l’origine aucune puissance ne cherche à s’étendre au-delà des ressources qui lui sont nécessaires.
Les contrées dominées sont les mêmes, mais des mariages princiers viennent renforcer les alliances avec les dynastes tributaires puissants. Les rois des grandes cours impériales (Hittites, Mitanni, Assyrie, Babylonie, Royaumes d’Anatolie occidentale) sont considérés comme de même rang que Pharaon
L’Egypte sert de refuge aux populations qui fuient les catastrophes climatiques ou les invasions qui touchent la Palestine : des liens étroits relient les habitants du Delta oriental à la Palestine, et de nombreuses caravanes Palestiniennes sillonent le Delta. C’est une période d’intenses échanges commerciaux. Pharaon opère des tournées d’inspection sur tout l’Empire (sites de chasse royale à l’éléphant en Palestine, résidences de Pharaon...)
Avec la montée en puissance de Sumer-Akkad et de l’Assyrie, l’Akkadien devient la langue des échanges internationaux : c’est une langue sémite, parlée et comprise sur tout le Croissant Fertile (suite aux infiltrations sémites), qui restera jusque vers 1000. Les traités de paix sont conclus dans les langues des deux pays signataires (Hittite, Hourrite)
Profitant des divisions internes à la Mésopotamie, l’Egypte avance ses positions jusqu’à Baalbeck et Damas, contrôlant les dynastes Hourrites de Syrie du Nord, et par là, la route de Palmyre, route vitale pour la Mésopotamie.
L’Egypte emploie rarement la force pour affirmer son hégémonie sur la Palestine-Syrie du Nord : il n’est fait mention que d’une seule campagne, sous Sésostris III. Le fait qu’il y ait peu de campagnes militaires au Proche-Orient ne signifit pas qu’il n’y ait pas de rébellions : elles sont soit dissoutes par un simple rappel à l’ordre, soit écrasées par une coalitions de dynastes voisins fidèles, espérant tirer quelqu’avantage de l’aide apportée.
La conquête de la Nubie est renforcée par la construction d’un réseau de forteresses allant bien au-delà de la 2ème cataracte sous Sesostris III : le cours du Nil est modifié pour ne laisser le passage qu’à un seul navire.
L’Egypte est maintenant voisin du puissant Empire d’Irèm (Soudan Oriental-Ethiopie occidentale), chacun considérant son voisin comme suffisamment dissuasif pour qu’aucun n’envisage d’attaquer l’autre.
La stratégie internationale de l’Egypte suit le même schéma en deux temps, que les autres empires du Moyen Orient :
Pour s’assurer la fidélité des dynastes locaux, une tradition apparait : les jeunes princes sont "invités" à la cours impériale pour y être éduqués aux traditions de l’Empire, servant d’otages en même temps. L’araméen devient la langue internationale des échanges internationaux comme des traités de paix.
Suite aux invasions araméenes, les dynastes locaux tentent de tirer leur propre avantage en jouant d’alliances changeantes entre l’Egypte et Hittites, Mitanni, Assyrie, Babylonie, selon la puissance du moment. Il y a donc de nombreuses rebellions qui sont mâtées soit par coalition, soit par campagne militaire ; chaque puissance fomentant des révoltes parmi les dynastes tributaires du voisin, les empires s’épuisant dans ces rebellions incessantes.
Plus les nouveaux Etats Araméens cristallisent et prennent de la puisance (Aram, Abiru (Hebreux), Amurru,...) plus la domination de l’Egypte a du mal à s’imposer
Progressivement, les empires Mésopotamiens n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers le bois de construction et les minerais de Syrie du Nord et Cappadoce : les invasions Pré-Indo-Iraniennes (Gutis, Kassites, Hourrites) puis Indo-Iraniennes (Mèdes, Perses, Urartu,..) rendent plus difficile la domination sur les routes commerciales d’Iran à travers le Zagros, et les invasions Indo-Européennes (Hittites, Luwi, Achéens, …) coupent les approvisionnements en Anatolie. La concurrence avec l’Egypte est dès lors inévitable (Carte 3 & 4). Les rébellions incessantes encouragées en sous-main dans le camp adverse, et donc la nécessité de pacifier durablement les secteurs d’approvisionnements, conduiront aux grands « empires internationaux » de la Période Tardive jusqu’à la Période Hellénistique (Assyrie, Babylonie de Nabonide, Médie, Perse, Empire d’Alexandre). L’Assyrie commence ce mouvement pour assurer les tributs et le bois de construction de Syrie du Nord et du Liban : puis de révoltes en guerres menées par l’Egypte, la seule issue pour Assur sera l’invasion de la vallée du Nil. Il en sera de même pour la Babylonie et pour la Perse qui finira par réunir tout le Moyen-Orient dans son Empire qui sera repris par Alexandre le Grand.
Au cours de toute cette période historique, la Phénicie n’est pas un objectif stratégique que pour son bois de construction. C’est le pays des marins : quand on veut une flotte de haute mer (de guerre ou de commerce), c’est à la Phénicie qu’on s’adresse. Les bateaux y sont construits, équipés, armés. A l’Epoque Tardive, avoir une flotte est capital et passe par la Phénicie ou Chypre : ce seront les objectifs de conquête de pharaons comme Hophra/Apriès (588-568) ou Takôs (361-359), mais aussi des Grecs (390-391) ou d’Alexandre (333-332) quand ils voudront amoindrir la puissance Perse.
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