Calendrier Nilotique

Le calendrier égyptien

Le calendrier de l’Égypte antique, (également appelé Calendrier nilotique) est axé autour des fluctuations du Nil et a comme but premier la régulation de l’agriculture au cours de l’année. Les égyptiens définissaient d’ailleurs l’année comme « le temps nécessaire pour une récolte » et le hiéroglyphe qui la représentait était composé d’une jeune pousse et d’un bourgeon (rempit).

Les égyptiens utilisèrent d’abord un système basé sur les phases réelles de la Lune, mais supplantèrent rapidement ce système par un système arbitraire utilisant des mois civils, et divisant l’année en 3 saisons basées sur la crue du Nil et ses impacts sur l’environnement :

  • Akhet (Akhit) « l’inondation » (période de l’inondation du Nil)
  • Peret (Perit) « sortie » (décrue du Nil, germination, saison fraîche)
  • Chemou (Shemou) « chaleur » (saison chaude des récoltes et des impôts)

L’année égyptienne comptait 365 jours découpés en 3 saisons de 4 mois de 30 jours chacun. Les 5 jours (6 jours les année bissextile à partir de l’époque romaine) restant étaient appelés les jours épagomènes et étaient ajoutés à la fin du calendrier, entre le dernier jour de la saison Chemou et le nouvel an. Ils célébraient la naissance des grands dieux d’état que sont, dans l’ordre, Osiris, Horus, Seth, Isis et Nephtys. Chaque mois était découpé en trois périodes de dix jours, les décans1. Les journées avaient une durée de vingt-quatre heures.

Les mois de l’année par saison2 :

Les mois égyptiens
M8
Aa1 X1
N5
Akhet
O1
D21
X1
N5
Peret
N37
N35
N35
N35
N5
Chemou
  • Akhet
    • Thout (mois de Thot, dieu patron du calendrier : du 19 juillet au 17 août)
    • Paophi (Pa n Ipt, celui de Karnak, Amon du 18 août au 16 septembre)
    • Athyr (Mois d’Hathor) du 17 septembre au 16 octobre
    • Choeac ou Khoiak (kA Hr kA du 17 octobre au 15 novembre)
  • Peret
    • Tybi (tA aAbt, l’offrande. Du 16 novembre au 15 décembre)
    • Méchir ou Mekhir (pA n mxrw, celui de Mekher. Du 16 décembre au 14 janvier)
  • Phaminoth ou Phamenoth (pA n ImnHtp, celui d’Amenhotep. Du 15 janvier au 13 février)
    • Pharmouti (pA n Rnnwtt, celui de Rennoutet. Du 14 février au 15 mars)
  • Chemou
    • Pachon ou Pakhons (pA n xnsw, celui de Khonsou. Du 16 mars au 14 avril)
    • Payni (pA n int, celui du ouadi). Du 15 avril au 14 mai
    • Epiphi ou Epiph (ip ipi, fête de Ipipi). Du 15 mai au 13 juin
    • Mésori ou Mesore (mswt Ra, naissance de Rê). Du 14 juin au 13 juillet
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Le "calendrier d’Elephantine"

La fête célébrant la nouvelle année correspondait au jour de la crue annuelle du Nil, événement majeur pour les égyptiens de l’Antiquité puisqu’elle permettait l’enrichissement du sol asséché par une période de grande chaleur Chemou, littéralement « chaleur ». De l’importance de la crue dépendait la qualité des récoltes. Une crue trop faible pouvant entraîner une famine alors qu’une trop fort pouvais causer des inondations dévastatrices. Bien évidement, la date de cet événement (dépendant de paramètres climatiques complexes) variait grandement d’une année à l’autre et ne correspondait pas au nouvel an du calendrier civil. La crue intervenait peu de temps après le lever héliaque de l’étoile Sothis (Sirius) dans le ciel égyptien, elle y est donc étroitement associée. Si le lever héliaque de l’étoile Sothis est un phénomène plus ou moins fixe (légèrement variable suivant la précession des équinoxes) au cours d’une année solaire (année d’environ 365¼ jours), le nouvel an du calendrier égyptien (année de 365 jours), lui, est dit « mobile ». En fait, le décalage entre l’année solaire et l’année civile était d’environ un jour tout les quatre ans. Il fallait donc 1460 ans (365x4) pour qu’un événement du calendrier égyptien coïncide de nouveau avec un événement du calendrier solaire. C’est ainsi que, théoriquement, tout les 1460 ans, le nouvel an du calendrier égyptien coïncidait avec le lever héliaque de l’étoile Sothis. Ces années, ainsi que celles où le nouvel an coïncidait avec l’inondation, étaient considérées comme extrêmement bénéfiques et étaient souvent immortalisé sur les bas-reliefs. Ces faits permettent de dater assez précisément les règnes de certains pharaons. Ces période de 1460 ans est appelé période sothiaque.

Bien que ayant abandonné très tôt un système de calendrier astronomique pour un système civil, les égyptiens de l’Antiquité ne se sont pas pour autant désintéressés de l’astronomie, bien au contraire. On leur doit notamment les plus anciennes cartes du ciel connues et l’on sait qu’ils avaient une connaissance très approfondie des phénomènes astronomiques basée sur l’observation quotidienne et méthodique des astres.

Les astronomes grecs empruntèrent ce calendrier aux égyptiens et il fut utilisé jusqu’à la fin du Moyen-Âge.


Notes :

[1] Cf Annexe : Les Décans du Zodiaque de Dendérah

[2] Les noms des mois sont donnés en langue copte avec leurs équivalant hiéroglyphique au Nouvel empire.

Informations sur cet article
  • Auteur(s) : Thomas
  • Publication : 28 mars 2005
  • Mise à jour : 29 juin 2006
  • Profil(s) : Egyptologue

Réactions

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  • Bonjour, Merci pour ces informartions intéressantes publiées.

    Je possède un papyrus représentant le calendrier égyptien. Y a t’il un moyen de lire celui-ci ? Je comprends les différences explicitées dans cet article mais suis incapable d’en déduire et de transposer sur la représentation que je possède...

    Merci par avance si un "éclairage" est possible...

    Julien


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