La mythologie égyptienne et la faune sont intimement liés. Cet article vous présente les différents animaux présent en Egypte Ancienne, ainsi que les dieux qui leurs étaient associés.
La race domestique égyptienne de cet animal sacré était probablement le felis silvestris libyca qui s’est répandu dans tout le Proche-Orient et en europe. Les ancêtre sauvages des anciens chats égyptiens semblent avoir été, d’une part, les chats des marécages ou felis chaus, typiquement égyptien, sans oublier le felis silvestris, proche de notre tabby européen, et, d’autre part, le serval, lepteilurus serval, peut-être originaire d’éthiopie. Enfin la genette, insatiable chasseresse des rongeurs, était domestiquée en Egypte.
Les chattes étaient principalement consacrées à la déesse Bastet et vénérées dans son sanctuaire à Bubastis. Les fiers matous étaient les animaux d’Atoum-Rê, vénérés à Héliopolis comme ennemis d’Apophis. Un mythe cosmique assimile le soleil à un chat mâle, dont l’œil devient une chatte. Ainsi, Tefnout se transforme-t-elle en chatte à son retour de Nubie. Hathor peut aussi prendre cet aspect.
Le culte de la lionne, consacré à plusieurs déesses, était répandu dans toute l’Egypte. La lionne était considérée comme une forme de Sekhmet de Memphis, d’Hathor - Tefnout la Nubienne, de Pakhet au Speos Artemidos, de Mehyt à Sebennytos, de Menhit à Latopolis et d’autres déesses-lionnes locales de sanctuaires près de l’entrée des ouadi désertiques. Shou et Tefnout sont aussi adorés, à Héliopolis, sous la forme d’un couple de lions, les Routy, symbole mystique de l’horizon.
Le guépard était dédié à la déesse Mafdet (aussi représentée en panthère) et, peut-être, aussi à la déesse Séchât qui porte sa dépouille par-dessus sa robe. Comme vêtement rituel (prêtre sem) et lit-véhicule du défunt (cf. aussi Hippopotame et Vache), le guépard joue un rôle important dans la religion funéraire (les lits de Toutankhamon)
C’était le mâle du faucon qui était surtout vénéré, bien qu’il soit d’un tiers pus petit que la femelle - d’ou son qualificatif de " tiercelet ". Toutefois, en Haute-Egypte, des couples de faucons ont été l’objet d’un culte dont l’espèce jouissait pratiquement dans tout le pays. Le faucon et l’animal mythique de Seth sont les deux plus anciens symboles protecteurs de la royauté.
Le faucon était particulièrement consacré à Horus et, par voie de conséquence, à Rê et à Aton ; Monthou, vénéré dans plusieurs sanctuaires de la Thèbaïde ; Sokaris, adoré à Memphis ; Sopdo, dieu guerrier veillant sur les frontières orientales de l’Egypte - sanctuaire principal à Saft el-Hennh, dans le delta - ; et à Kebehsenouf, un des quatre Fils d’Horus, préposé aux canopes.
Le faucon est aussi l’image de l’âme, du Ba, des dieux et des mortels ; il est alors représenté avec un tête humaine. Ainsi était-il, entre autres, le Ba de Rê (Héliopolis), celui d’Osiris (Biggeh/Philae), d’Hathor (Dendérah) etc. Les " Ames de Pe ", manifestations des mânes royaux, sont figurés comme des hommes hiéracocéphales. Mais curieusement, le mot ba est écrit avec le hiéroglyphe figurant le jabirou, ephippiophyncus senegalensis, de la famille des cigognes. Trois oiseaux de cette espèce, serrés côte à côte, constitue le pictogramme des " Ames de Pe "
Notons que d’autres animaux pouvaient également être le réceptacle d’une âme divine (cf bélier, chacal)
On pourrait suggérer que le soin particulier avec lequel les vautours élèvent leurs oisillons (souvent un seul couple par an), qui restent longtemps dépendants de leurs parents, a été un motif e comparaison avec la sollicitude maternelle humaine.
Les femelles de l’espèce percnoptère (neophron percnopterus) vautour gris clair aux rémiges terminales noires, étaient vénérées comme un manifestation sacrées des déesses Mout à Thèbes et Nekhbet à Eleithyaspolis (El-Kab actuel). Neith et Isis peuvent être comparées au vautour, protecteur des morts.
Le saurien sacré est le crocodile du Nil, le crocodilus niloticus. Les Egyptiens ont bien compris qu’il s’agissait d’un espèce très ancienne et l’ont rangé dans la catégorie de êtres primordiaux, avec la grenouille, le serpent et la tortue. Le culte du crocodile, incarnation du dieu Sobek, était répandu dans toute l’Egypte ; il était principalement célébré dans les temples de Crocodilopolis au Fayoum et dans Kom Ombo, en Haute-Egypte. Les animaux morts, même très jeunes, ont été momifiés et enterrés dans la nécropole sacrée de leur temple.
Seth aussi pouvait être con,sidéré comme un crocodile, mais sous son aspect négatif. L’animal devenait alors le banc de sable de la Douat, empêchant la navigation nocturne du soleil, ou encore il obstruait les canaux, afin que l’inondation vivifiante ne puisse se répandre sur le pays.
C’est un animal spécifiquement nilotique, l’hippopotamus amphibius. Il n’en existe plus en Egypte depuis la deuxième moitié du Xxe siècle seulement, car ils sont bloqués par le haut barrage d’Assouan. En revanche, ils sont encore présents dans le cours supérieur du Nil et dans toute l’Afrique, à l’exception de l’extrême sud. Le mâle, surtout s’il était rougeâtre, était souvent considéré comme maléfique ; néanmoins, le culte de l’hippopotame s’est maintenu assez longtemps dans le delta (Papremis, Damahour) et au Fayoum, ainsi qu’en Moyenne Egypte (Kaou el-Kébir).
Seth apparaît dans certaines légendes comme hippopotame mâle.
En revanche, la femelle était toujours vénérée comme déesse bienfaisant ; elle était avant tout l’animal sacré Thouéris, adorée dans toute l’Egypte comme protectrice des parturientes. Au Gebel Silsileh et en Basse-Nubie, elle est mise en rapport avec l’inondation. Elle prête aussi sa forme à certains lits funéraires.
Voué à la déesse Heqet qui était adorée, avec Khnoum, à Antinoupolis, la déesse jouait le rôle d’accoucheuse dans la mythologie. La grenouille, issue des eaux, était dispensatrice de la vie. Les mâles des quatre couples primordiaux d’Hermopolis ont des têtes de grenouille : les Anciens ont bien vu, car les amphibiens figurent parmi les animaux les plus anciens, apparus sur terre il y a 300 millions d’années. Les femelles de ces couples sont des serpents, dont la lignée ne remonte qu’à 200 millions d’années. La croyance en les forces vivifiantes des grenouilles a été profonde : elle est attestée depuis la préhistoire jusqu’à la fin de l’époque romaine, et même encore à l’époque chrétienne, par des statuettes, lampes et amulettes en forme de grenouilles.
Quatre races, appartenant à quatre familles distinctes de l’ordre des chéloniens, peuvent ici être prises en considération :
Toutes les tortues étaient considérées comme des ennemies du soleil et en particulier celles de cette dernière espèce, démon maléfique (cf. les mâles hippopotame et crocodile). A l’époque gréco-romaine, la tortue était identifiée à Apophis. Lors de certains rites, le roi, représentant le dieu Onouris, tuait solennellement, au harpon, la dangereuse créature abyssale.
La mangouste africaine était l’animal sacré de Atoum et aussi de Rê à Héliopolis ; d’Horus dans la ville de Létopolis et de Ouadjet à Bouto.
Chasseur de serpents, il tuait symboliquement Apophis, l’ennemis du soleil et fut donc attribué aux divinités solaires.
L’Uraeus est en général identifié au naja haje, mais il faudrait plutôt l’assimiler au naja nigricollis ou au naja mossambica. En effet, ces deux derniers ont la faculté non seulement d’inoculer, mais aussi de cracher leur venin, ainsi que le rapportent les anciens textes pour l’uraeus.
Le cobra était principalement consacré à des déesses (d’ailleurs, son nom est de féminin en ancien égyptien), à savoir : Ouadjet, " la Verte ", tutélaire de la couronne rouge ( !) de Basse-Egypte ; l’Uraeus, incarnation de l’œil de Rê, protectrice des dieux et du roi, celle qui se dresse pour leur défense ; Oupset, la " la Brûlante ", déesse flamme vénérée à Philae, forme particulière de Tefnout ; Renoutet, serpent nourricier, déesse des moissons ; Meresger, " Celle qui aime le silence ", maîtresse de la nécropole thébaine.
Certains dieux pouvaient aussi prendre l’aspect d’un serpent autre que celui du cobra : Atoum, également anguille (cf. Poissons) ; Nehebkaou, le " Maitre des Kaou ", le serpent mythique et nourricier des morts, démon chtonien, parfois figuré avec deux têtes de serpents ; Chaï, dieu du destin.
Le mode de vie des serpents, grouillant dans l’eau ou se glissant dans des grottes terrestres, ondulant sur le sable et le cailloutis désertique, correspond à l’idée que les Anciens se faisaient de l’existence des être primordiaux. Aussi, les femelles des quatre couples préexistants d’Hermopolis sont-elles des serpents (d’espèce non identifiée) ?
La mue des serpents était interprétée comme un signe de renouveau, de renaissance, d’où l’importance de ces reptiles dans les textes funéraires. En revanche, on craignait leur venin mortel, duquel même les dieux n’étaient pas protégés (Rê mordu par un serpent et sauvé par Isis ; Gheb victime du venin craché par l’Uraeus, etc.).
Beaucoup plus toxique que le cobra royal sont les petites vipères d’Egypte qui vivent à la frange du désert, dans les grottes et les tombes (les archéologues en savent quelque chose...).La plus célèbre en est la vipère cornue, cerastes cerastes ou aspis cerastes cornutus, qui a prêté sa silhouette caractéristique à l’unilitère " f ", dentale sifflante comme son modèle ! Ses proches parents sont cerastes vipera et le terrible echis carnatus au venin foudroyant. Tous ces petits ophidiens, tueurs redoutables on inoffensifs colubridés (couleuvres et autres), étaient indistinctement considérés comme des démons malfaisants et leur image hiéroglyphique, depuis les Textes des Pyramides, est souvent percée de couteaux symboliques afin de les neutraliser.
Apophis, enfin, énorme serpent divin, incarnat les forces primitives et chaotiques, appartient à une espèce non identifiée. Autant que l’on puisse en juger par les figurations dans les textes anciens, il n’était pas venimeux et sa grande taille fait penser au boa d’Egypte, l’eryx colubrinus, qui vit dans le sable, ou au python sebae, habitant les anfractuosité rocheuses et qui atteint une longueur de 4 à 6 mètres. Il a disparu d’Egypte, mais peuple encore l’Afrique au sud du Sahara. Les serpents, qui appartiennent à une des plus vielles espèces encore vivantes (cf. Crocodile, Grenouille, Tortue), occupaient une place éminente dans la pensée métaphysique des anciens Egyptiens
Une antilope blanche a été très anciennement la dvinité-emblème du 16e nome de Haute-Égypte. La déesse Satet était sans doute à l’origine une antilope divinisée. Les protomes d’antilope, figurés sur les barques sacrées de Nekhbet et de Sokaris, pourraient être un survivance cultuelle. Ces aspects positifs de l’animal ont, dès l’Ancien Empire fait place à une perception typhoniennes de cet habitant des contrées désertiques, voué à Seth, ennemi d’Osiris. On sacrifiait donc à ce dernier des antilopes. Ces animaux d’offrandes appartenaient sans doute aux différentes variétés de la famille des hippotragae, de couleur noire ou brun-rouge, le rouge de Seth.
Un ornement en forme de tête de gazelle dorcas figure au front du dieu Rechep et des dames du harem royal.
Un chien rouge était un des attributs du dieu Seth. Sa race n’est pas défini, mais il pourrait s’agire d’un animal proche du Basenji, originaire du Soudan, ou du canis simensis, le loup d’Abyssinie, devenu très rare et menacé d’extinction. Cette espèce est un maillon entre chacals et renards.
Les loups proprement dits ne font pas partie de la faune africaine. Ni l’époque de leur introduction en Egypte ni la provenance des différentes races canines représentées, parmi lesquelles figurent des lévriers et des chiens-loups, ne sont réellement connues.
Un petit chien, ou chienne, non funéraire et représenté(e) à l’époque tardive comme un loulou, suit fidèlement Isis-Sothis, annonçant l’inondation.
Les " Ames de Nekhen " génies ancestraux, s’incarnant dans des êtres composites : hommes à têtes de chiens ou de chacal (voir aussi les Ames de Pe, à propos des faucons).
Deux espèces sont implantées en Egypte, l’alopochen aegyptiacus et l’anser anser, répandue aussi en Europe et en Asie.
Le mâle (jars) a sans doute été consacré à Gheb à Héliopolis et à Amon dans son temple de Thèbes (Karnak).
Dans certains mythes, l’oie est un élément typhonien, rattaché à Seth.
Ces volatiles, habitants des marécages et animaux de consommation, étaient aussi considérés comme l’incarnation de démons faisant obstacle à la renaissance des morts, d’où leur représentation dans les scènes de chasses de tombes. Ce tabou a été aboli à l’époque amarnienne, mais on continuait à les manger !
L’animal, pourtant utile et patient, était déjà considéré au Moyen Empire comme une manifestation méprisable du dieu Seth. Cette croyance valut aux malheureux baudets coups et mauvais traitements, si ce n’était la mort au cours de certains rites et fêtes.
Le bélier ancien, ovis longipes, était principalement l’animal sacré de Khnoum, recevant un culte à Eléphantine. L’ovis platyra était consacré à Amon, adoré surtout à Thèbes. Un bélier sans nom particulier était vénéré dans la ville de Mendès où il était aussi considéré comme l’âme d’Osiris.
Ils conservaient leurs culte et étaient consacrés à : Ptah, sous le nom d’Apis à Memphis ; Montou, sous le nom de Boucchis à Hermonthis ; Rê, Rê-Atoum, sous le nom de Mnévis à Héliopolis.
Le dieu Min était accompagné d’un taureau blanc, le ka-hedj, lors de sa grande fête.
Les taureaux ont eux aussi été vénérés comme dieux locaux dans plusieurs nomes.
Ces animaux sacrés, choisis selon des critères précis et entretenus dans les temples, disposaient d’un harem de vaches, également vénérées.
Ces vaches étaient avant tout consacrées à Hathor et à Isis, ainsi qu’aux déesses assimilées et vénérées dans toute l’Egypte sous des noms divers, notamment comme divinités locales et éponymes. la durée de gestation des bovidés, sensiblement égale à celle des humains, à sans doute facilité l’assimilation de la déesse Hathor au giron universel de la renaissance.
L’hamadryas était consacré aux dieux d’Hermopolis : Thot et Hedj-our.
Le petit cercopithèque semble avoir été seulement un animal de compagnie ; il figure fréquemment dans les tombes sous les sièges de ses maîtres.
Phénix L’oiseau sacré est l’aigrette ardea cinerea ou ardea purpurea, appelée Bennou en égyptien, " Celui qui se lève ". Il était vénéré à Héliopolis comme symbole solaire et de sa vie renouvelée périodiquement
Salut Dan, J’ai transmis ta question aux membre de Forum Egypte, et voila un petit resumé de la discussion (http://www.forum-egypte.com/sutra46611.html)
Traduction du chapitre 13 :
Formule pour entrer dans l’Occident et en ressortir. Parole dite par N. : " Tout m’appartient, (car) tout m’a été donné. J’étais entré en faucon, je suis sorti en phénix. Etoile du matin, fraye-moi le chemin, que j’entre en paix dans le bon Occident ! J’appartiens au lac d’Horus (et j’ai la charge des chiens d’Horus) fraye moi le chemin, que je puisse adorer Osiris, le maître de la vie." Paroles à dire sur deux boulettes d’ânkh-imy mises dans l’oreille droite du bienheureux, et sur deux autres mises dans une bandelette de lin fin, le nom de l’Osiris N. inscrit dessus, le jour de la mise au tombeau
Extrait du dictionnaire historique de l’Egypte de Pierre Norma
" les chiens d’Horus , ou chiens de la lumiére, harcelaient les défunts qui n’avaient pas été trouvés justes par les juges qui les avaient rejetés dans l’abime, car ces animaux appartenaient au principe purificateur du soleil."
J’espere que nous avons répondu à ta question, et je t’inscrire sur le forum si tu as besoin de plus d’infos.
@+ Thomas
L´Egypte Ancienne de Toutankharton - Contenu sous Licence Creative Commons BY-NC-SA - Valide HTML 4.01 et CSS 2 - Design, maintenance :Thomas Joulin
A propos du site - Contacter l´auteur - Politique d´accessibilité - Plan du site - Haut de page
Partenaires : Egypte Antique Photos d'Egypte Fondation Artistique Paris Art Contemporain Photographie