Les joies de l’intimité familiale et de l’amour conjugale restent à jamais attachées au visage de la reine Nefertiti. Un visage si beau qu’il a traversé le monde et les siècles comme celui d’une vedette éternelle. Aussi est-on particulièrement ému lorsqu’au détour d’un bas-relief on rencontre sur un cher de parade Nefertiti assise sur les genoux de son époux, le pharaon Akhenaton, lui laissant prendre un baiser.
Mais l’on est complètement ébloui devant les scènes entièrement plaquées or où l’on voir Nefertiti, le pharaon et leur six petites filles réunies devant un autel, en adoration devant le disque éclatant du soleil dont les rayons terminées par de longues mains effilées tendent à chacun des personnages la croix de vie, la croix du bonheur. Or ces scènes ne sont pas uniques dans l’histoire de l’Egypte.
Dès le début de son règne, Akhenaton, qui s’appelait alors Aménophis IV, avait une révélation. Il avait compris que le disque du soleil - Aton - était un dieu universel, un dieu capable de réunir les hommes dans la plus parfaite harmonie. Il avait alors fait construire à sa gloire un temple à Karnak, mais le tout-puissant clergé d’Amon avait réagi violemment . Le roi avait répondu en faisant détruire toutes les idoles d’Amon et marteler son image jusqu’au plus haut des murs. La lutte devint âpre, et, changeant son nom pour Akhenaton, le roi avait quitté Thèbes - la capitale - avec sa cour et il avait bâti à la gloire de ce dieu nouveau une capitale nouvelle, plus bas, sur le Nil. Perdu dans ses rêves, soutenu par Nefertiti, persuadé qu’Aton pouvait en liant les amis et les ennemis de l’Egypte, assurer la paix dans le monde, il allait lui consacrer sa vie et tenter d’étendre son culte à tout l’empire. Mais Amon devait se venger et l’empire asiatique s’effondre sous les coups d’une puissance nouvelle, née en Anatolie et qui ne cessait de grandir, celle des Hittites.
A la mort d’Akhenaton, le danger menaçait l’Egypte elle-même. Le roi qui n’avait que des filles avait choisi pour successeur un jeune prince qui n’avait encore que onze ans, Toutankhaton (pas Toutankharton, hein ! ). L’enfant-roi dut s’incliner devant le clergé de Thèbes, changer son nom pour Toutankhamon et rétablir le culte d’Amon dans sa splendeur. Toutes les traces du pharaons hérétique furet alors systématiquement détruites et sa capitale rasée. Fort heureusement, on retrouve aujourd’hui, utilisés comme remblai et pour combler les murs des pylônes, les débris du temple qu’il avait qu’il avait fait élevé à Karnak et l’on commence à retrouver le fil de son extraordinaire aventure. Toutankhamon disparut à vingt ans. On a encore beaucoup à en apprendre. L’histoire l’aurait probablement oublié à jamais si l’on n’avait pas au début du XXème siècle de notre ère découvert sa tombe, intacte.
L’Egypte à sa mort allait renouer en effet avec la grandeur. Elle se donna d’abord pour pharaons, successivement, trois généraux qui repoussèrent le danger loin de ses frontières. Puis vint Ramses II
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